DA\I5Y (1673-1 C
fiance était justifiée. Peu après la prorogation du Parlement, Charles lui révéla les négociations qu'il n'avait pas cessé de poursuivre avec Louis XIV, et le pria de signer un traité d'après lequel, moyennant une pension annuelle garantie par la France, les deux souverains s'engageaient à ne contracter -aucune autre alliance et à se prêter un mutuel secours en cas de soulèvements dans leurs États. Un pareil traité mettait non-seulement l'Angleterre dans la dépendance de la France, mais affranchissait le Roi de tout contrôle parlementaire. Le ministre demanda en vain au Roi d'attendre et de consulter le conseil, Charles II répondit à ses sollicitations en signant le traité de sa propre main (1G7C).
Danby se trouvait dupé comme Shaftesbury ; mais cette déception ne fit que l'enhardir davantage à former de nouveaux plans pour arracher le Roi à sa honteuse dépendance vis-à-vis de Louis XIV. Son premier soin fut de réconcilier Charles II avec le Parlement, qui se réunit en 1676 après une prorogation de quinze mois. Le « country party n aurait pu être un obstacle à cette réconciliation, mais Danby résolut de le briser par des mesures d'une rigueur exceptionnelle. Une imprudence de Shaftesbury lui facilita sa tache. Désespérant de jamais amener la Chambre des communes, élue quinze- ans auparavant dans un moment de réaction politique et religieuse, à une énergique opposition contre la couronne, il avait déjà proposé une adresse réclamant une prompte dissolution ; il soutint, de plus, qu'en vertu d'un décret d'Kdouard 1", ordonnant e que le Parlement se réunît au moins une fois par an, et même plus souvent si cela était nécessaire « , le Parlement actuel, prorogé récemment pendant un an et demi, avait légalement cessé d'exister. VAcle tnenmil enlevait à cet argument une partie de sa valeur. Danby représenta cet acte comme une excitation au mépris des Chambres, et, sur sa demande, les lords envoyèrent à la Tour les auteurs de la proposition, Shaftesbury, Ruckingham, Sali.sbury et U'harton (1677). Tandis que l'opposition était atterrée par ce coup, Danby se hâta de présenter une loi qui devait ramener à la couronne la confiance des prélats alarmés ; par le bill de sécurité « de l'Eglise " , on décidait qu'en cas d'avènement d'un roi non anglican, la nomination des évêques serait faite par les prélats existants et la tutelle des enfants du Roi confiée à l'archevêque de Ganterbury.
Le traité de Nimègue (1678). — Le bill échoua devant les Communes, et les subsides ne furent accordés que grâce à l'argent que Danby distribua à profusion de tous côtés. Les nouvelles de la guerre continentale jetèrent l'Angleterre dans une panique si violente que Danby se vit dans l'impuissance de la calmer. A la nouvelle des succès des Français en Flandre et de la défaite du prince d'Orange à Cassel, des cris de guerre éclatèrent dans tout le royaume. La Chambre des communes se fit l'interprète du vœu national dans une adresse au gouvernement; mais Charles