CHAPITRE VI
LA SECOXDE TYRAWIE'.
Le triomphe de la royauté. — La fuite de Shaftesbury proclamait bien haut le triomphe du Roi. Grâce à sa merveilleuse perspicacité, l'ancien ministre avait compris que toute résistance était inutile. Mais les chefs uhigs, si lents quelques semaines auparavant à répondre à son appel, continuaient à nourrir des projets de révolte, et les plus résolus parmi ceux qui s'étaient serrés autour de hii lorsqu'il se tenait caché dans la CTité, curent recoursà un plan d'insurrection et à un projet d'assassinat. Charles II et sou frère devaient en être victimes au moment où ils passeraient devant la Rye House, sur la route de Londres à Xeuniarket. Les deux conspirations furent révélées aux ministres, et bien qu'elles fussent tout à fait distinctes l'une de l'autre, les avocats de la couronne eurent la cruelle perfidie de les confondre en une seule. Lord Essex, dernier rejeton d'une race funeste, se tua à la Tour pour échapper à la mort des traîtres. Lord Fiussell, atteint et convaincu d'avoir pris part au complot de la Hye House, fut décapité dans Lincoln's Inn Fields. AlgcrnonSidney subit le même sort (1683). Monmouth, terrifié, s'enfuit sur le continent, et l'on commença une série de poursuites pour sédition contre tous ses adhérents.
En 1683, l'opposition constitutionnelle qui avait si longtemps fait « une violente opposition au Roi" , gisait écrasée sous ses pieds. Unhoinme moins intelligent que Charles II se serait laissé aller à ses instincts despotiques, en voyant la folle explosion de loyalisme qui salua son triomphe.
' Sources : Aux sources précédrntes, ajoutons les Mémoires de Welwood, le Journal de Joftîi Evelijn (1620-1706) et celui de Xarcisse Luttrell (1678- 1714), et surtout les Histoires (V Angleterre Ae ilacaiiiay et de Ranke. Voyez la correspondance de IjOuïs XIV et de Durillon, son ministre à Londres, qu'on trouvera soit dans les Mémoires de sir Jolni Dalrymple, soit en •A])\->cnA\cc liV Histoire de Jacques II, par Fox; la l ie et les \é(jGciati(nis de sir W'ilhnm Temple, par Boyer (1715); une lie de Jacques II, |;ar Clarke, (|ui jjasse pour renfermer des fragments d'une autobiograpliie, aujourd'liui perdue, du Roi; \' Histoire de la révolution de 1688 par sir J. Mackintosh.