‹ Histoire du peuple anglaisChapitre 79 sur 205 · LE TRIOMPHE DE LA ROYAL TF · texte numérisé non relu

LE TRIOMPHE DE LA ROYAL TF

Le jour même où la foule qui entourait Técliafaud de Hussell trempait ses mouchoirs dans son sang comme dans celui d'un martyr, l'Université d'Oxford déclarait solennellement que l'obéissance passive au chef de l'État, fut-il même le plus misérable des hommes, était un devoir religieux. Charles vit tout de suite que des obstacles insurmontables l'empêcheraient d'exercer le pouvoir absolu dans toute sa plénitude. L'Eglise anglicane était plus puissante que jamais; aussi se vit-on obligé de retirer un projet de rétablissement de ÏActe d'indulgence pouv les dissidents devant l'énergique opposition des évèques. Le Roi eut grand soin durant les dernières années de son règne d'éviter de violer ouvertement la Constitution; il ne suspendit aucune loi, n'imposa aucune taxe par autorité royale et se conforma strictement en général cà VAcle du Test. Rien ne fait mieux comprendre la grandeur de l'œuvre du Long Parlement que l'étude du règne de Charles IL. « Le Roi » , dit très-justement Hallam, « ne rentra pas en possession d'autres privilèges que de ceux qui lui avaient été réservés par la Constitution. » Aussi ne fut-il fait aucune tentative pour rétablir les abus que les patriotes de 1641 avaient supprimés. Le Parlement était convoqué fréquemment, et, bien qu'il eût refusé à plusieurs reprises de voter des subsides, on n'essaya jamais de lever de nouvelles taxes par des moyens, illégaux ; les quelques infractions à la loi risquées par Clarendon ne se représentèrent plus après sa chute du pouvoir. Personne ne songea à rétablir la Chambre étoilée el la Haute Cour ecclésiastique; et si les juges étaient parfois serviles et les jurés triés sur le volet, du moins la couronne n'intervenait-elle jamais pour entraver la marche de la justice. La liberté, du reste, avait progressé sur deux points importants depuis 1041. Dès que l'imprimerie eut été répandue en Angleterre et eut commencé à prendre de l'influence sur l'opinion publique, elle avait été bâillonnée par un système de patentes. Les règlements établis par Henri VIII soumettaient la presse au contrôle de la Chambre étoilée ; les libelles de Martin Marprelate ne firent que rendre ce contrôle plus sévère encore sous Elisabeth; le Long Parlement lui-même fit sentir son joug à la presse et resta sourd aux vifs reproches que Milton, dans son Areopagilka, fit entendre à ses collègues puritains. Mais la loi sur la presse, promulguée au lendemain de la Restauration, cessa d'être en vigueur en 1679, et les dispositions du Parlement ne permettaient pas k la couronne de ressusciter la censure.

Avec la liberté de la presse, la loi iVliabeas corpus ajoutait de nouvelles garanties à la liberté individuelle de tous les citoyens anglais. Depuis une époque reculée, une clause fameuse de la Grande Charte interdisait tout emprisonnement arbitraire. Aucun homme libre ne pouvait être retenu en prison, sauf pour dettes ou crime avéré ; et tout homme accusé d'un crime avait droit d'exiger de la Cour du Banc du Roi un ordre [A'habeas corpus) qui obligeait le geôlier de j)résentcr en même temps le prisonnier et le

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