‹ Histoire du peuple anglais (tome 1)Chapitre 168 sur 255 · LA MAISON DE LANCASTRE · texte numérisé non relu

LA MAISON DE LANCASTRE

Lollards cessa brusquement, et la persévérante persécution des évêques si elle ne parvint pas a éteindre l’hérésie, réussit cependant à briser sa vigueur et son énergie des premiers temps. Mais la maison de Lancastre 11 avait encore atteint que partiellement le but qu’elle poursuivait en montant sur le trône. Aux yeux des nobles, le grand crime de Richard était sa politique de paix, et s’ils travaillaient à le renverser, c'est qu’ils espéraient voir reprendre la guerre. Le parti de la guerre était soutenu par la majorité de la nation, qui, oublieuse deses douleurs passées, était impatiente de vengei ses défaites. Le moment semblait bien choisi pour attaquer la France Le roi Charles VI était fou, les princes et la noblesse étaient divisés en deux partis : 1 un dirigé par le duc de Bourgogne et portant son nom,

1 autre, le parti Armagnac, ayant pour chef le duc d’Orléans. Cette lutte, véritable calamité pour la France, avait été attentivement suivie par Henri IV ; mais lorsqu’il voulut en profiter pour pousser son armée en France, les camps ennemis n’en firent plus qu’un pour défendre la patrie. La lutte néanmoins reprenait plus violente que jamais, quand Henri V, en faisant valoir ses droits à la couronne de France, montra clairement son intention de recommencer la guerre. Aucune prétention n’aurait pu être moins I ondée que la sienne, car le droit que le Parlement avait donné à la maison de Lancastre sur la couronne d’Angleterre ne lui en donnait aucun sur celle de I‘ rance, et la loi de succession mise en avant par Édouard III .l’aurait pu être plaidée, si tant est qu’on eût pu la plaider, que par la maison de Mortimer. La guerre entreprise par Henri V différait de celle qu’avait faite Edouard III, non-seulement par la différence de leurs droits ruais aussi par les motifs mêmes qui la provoquaient. Édouard avait été orce de prendre les armes par les attaques incessantes de la France, et ses prétentions à la couronne de France n’avaient été mises en avant que plus tard, pour gagner l’alliance de la Flandre. Au contraire, la guerre entreprise par Henri, tout en pouvant être considérée comme la continuation de la lutte après l’expiration de la trêve conclue par Richard, n’était en réalité que l’agression perfide d’une nation tentée par la faiblesse de son ennemie et hantée par le souvenir de ses anciennes défaites.

Les Français s’efforcèrent en vain d’arrêter les Anglais en offrant de eur rendre le duché d’Aquitaine. Henri convoitait la Normandie plutôt que Je Midi, et son premier exploit fut la prise de Harfleur. Malgré la dvssenterie qui décima son armée et ne lui laissa qu’une poignée d’hommes valides, il résolut de marcher hardiment sur Calais, comme l’avait fait Édouard. Ma, s cette fois encore la discorde intérieure s’apaisa en France devant le danger commun ; et quand l’armée anglaise épuisée et affamée fut parvenue a tiaverser la Somme, elle rencontra soixante mille Français campés en travers de sa route. Leur position, protégée des deux côtés par des bois, mais si resserree de front que les masses compactes présentaient trente hommes de profondeur, était bien choisie pour la défensive, mais peu faite

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