‹ Histoire du peuple anglais (tome 1)Chapitre 51 sur 255 · GUILLAUME DEVIENT ROI · texte numérisé non relu

GUILLAUME DEVIENT ROI

accepta la couronne dans le même esprit que Canut. Londres fut, il est vrai, mis en état de défense par la construction d’une forteresse qui plus tard devint la Tour; mais Guillaume se posa tout de suite non en conquérant, mais en roi légitime. Il fut couronné à Westminster (Noël 10GG) par l’archevêque Ealdred, au milieu des cris de réjouissance de ses* nouveaux sujets.

A part les amendes imposées aux riches propriétaires pour expier une résistance considérée maintenant comme une rébellion, toutes les mesures prises par le nouveau souverain montraient clairement son désir de régner en successeur d’Edouard et d’Alfred. Jusqu’alors cependant, la plus grande partie de l’Angleterre se tenait éloignée de lui, et, dans la Northumbrie et presque toute la Mercie, il n’était pas reconnu comme roi. Mais son autorité était incontestée dans tout le pays de l’est, en tirant une ligne de Norwich à Dorchester. Là il régnait en roi anglais. Ses soldats étaient tenus sévèrement. Il ne lit de changement ni dans les lois ni dans les coutumes, et les privilèges de Londres furent reconnus par un édit royal, vénérable monument qui est conservé dans les archives de la Cité. La paix et l’ordre furent rétablis. Guillaume s’efforça même, mais en vain, d’apprendre la langue anglaise afin de pouvoir rendre lui-même la justice aux plaideurs de la Cour. Le royaume paraissait si tranquille que, peu de mois après la bataille de Senlac, Guillaume crut pouvoir laisser l’Angleterre entre les mains de son frère Eudes, évêque de Bayeux, et de son ministre Guillaume Fitz-Osbern, et retourner pour quelque temps en Normandie.

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