‹ Histoire du peuple anglais (tome 2)Chapitre 126 sur 187 · WILLIAM PITT (1742-1T · texte numérisé non relu

WILLIAM PITT (1742-1T

dangers de l’intérieur fortifiaient les Pelham dans leur désir de mettre fin à la guerre avec la Prusse. Ce n’était pas au moment où l’Angleterre était menacée par un prétendant catholique qu’il fallait affaiblir en Allemagne la principale puissance protestante. Sur le refus de Marie- Thérèse de consentir à une paix générale, l’Angleterre, conclut la convention de Hanovre avec la Prusse (1745) et continua la guerre contre la France seule. La lutte n’était pas finie. Les victoires de Marie-Thérèse en Italie étaient contre-balancées par celles de la France dans les Pays-Bas, où le maréchal de Saxe gagna sur les Anglais et les* Hollandais les victoires de Haucoux et de Lawfeld. Le danger que courait la Hollande et l’épuisement des finances françaises amenèrent enfin en 1748 le traité d’Aix-la-Chapelle, par lequel chacune des puissances belligérantes restituait les conquêtes qu’elle avait faites. La paix d’Aix-la-Chapelle n’était en réalité qu’une trêve qui permettait aux nations ennemies de reprendre leurs forces pour une lutte que tous prévoyaient. La guerre allait s’étendre bien au delà des limites de l’Allemagne et même de l’Europe. Elle allait se changer en un duel qui aurait le monde pour théâtre, et d’où dépendraient les destinées de l’humanité. La France réclamait les vallées de l’Ohio et du Mississipi, et posait ainsi la question de savoir si ce seraient les Français ou les Anglais qui imposeraient leur civilisation au nouveau monde. Déjà des aventuriers français avaient chassé les marchands anglais de Madras, et jetaient, pensaient-ils, les bases d’un établissement qui donnerait l’Inde à la France.

Clive. — Les débuts de l’Angleterre dans l’Inde ne faisaient pas prévoir le brillant avenir qui l’y attendait. Ce n’est qu’à la fin du règne d’Elisabeth, un siècle après que Vasco de Gama avait doublé le cap et fondé une colonie portugaise sur la cote de Goa, que la première Compagnie des Indes orientales avait été établie à Londres. Ce commerce, malgré ses profits, ne se développait guère, et il fallut l’espace d’un siècle encore pour que la Compagnie fut encouragée à fonder ses trois premières agences. La première de toutes, celle de Madras, se composait de six maisons de pêcheurs dominées par le fort Saint-Georges; celle de Bombay fut cédée par les Portugais, comme faisant partie du douaire de Catherine de Bragance; le fort William, avec le petit village qui devint Calcutta, avait été créé sous le règne de Guillaume 111. Chacun de ces forts était construit en vue de protéger les magasins de la Compagnie et gardé soit par quelques a sepahis » ou a cipayes » , soldats natifs, payés pour cela. Les commis et les marchands de chaque établissement se trouvaient sous la direction d’un président et d’un conseil. Au milieu du dix-huitième siècle, l’un de ces commis était Robert Clive, fils d’un petit propriétaire près de Market Drayton, dans le Shropsliire, un mauvais sujet dont on avait été bien aise de se débarrasser en l’envoyant à Madras, dans les

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