‹ Histoire du peuple anglais (tome 2)Chapitre 161 sur 187 · LA RÉFORME · texte numérisé non relu

LA RÉFORME

1826 en envoyant des troupes pour défendre le Portugal contre une intervention espagnole, tandis qu’il reconnaissait l’indépendance du Mexique et des colonies rebelles de l’Espagne dans l’Amérique du Sud. En Angleterre, grâce à son influence, la question de l’émancipation des catholiques gagnait du terrain, et un bill destiné à améliorer leur position passa à la Chambre des communes des 1825. L’entrée aux affaires, en 1823, de son ami M. Huskisson fut le signal d’une nouvelle politique commerciale fondée sur la conviction des avantages immenses qu’offrait le libre échange, et qui devait amener plus tard l’abrogation de la loi des céréales.

Ce nouveau courant politique amena une scission entre les ministres, qui prit un caractère aigu après la mort de lord Liverpool en 1827. Canning devint premier lord de la Trésorerie, mais le duc de Wellington, ainsi que le chancelier, lord Eldon, et le ministre de l’intérieur, M. Peel, refusèrent de servir sous sa direction. Quatre mois après sa formation, le ministère Canning se trouvait dissous par la mort de son président.

Le cabinet éphémère formé par lord Goderich pour continuer l’œuvre de Canning se trouva ébranlé dès son arrivée au pouvoir par l’état des affaires en Europe. Malgré les efforts de Canning pour conserver la paix, l’insurrection des Grecs contre la Turquie durait toujours, et l’envoi de troupes égyptiennes chargées de dévaster la Morée et de réduire ses habitants à l’esclavage, força l’Angleterre, la France et la Russie à intervenir. En 1827, leurs escadres réunies, sous les ordres de l’amiral Codrington, attaquèrent et détruisirent la flotte égyptienne à Navarin; mais cette attaque contre la Turquie rencontra en Angleterre une désapprobation générale, et le ministère qui avait toujours manqué d’influence dans le Parlement fut obligé de se retirer (1828).

La réforme. — La formation par le duc de Wellington d’un ministère franchement tory, avec M. Peel comme leader principal à la Chambre des communes, semblait présager une politique de résistance à tout projet de réformes. Mais l’Irlande, où l ’ Association catholique , formée par Daniel O’Connell, entretenait une agitation croissante, en était arrivée à un tel degré d’effervescence, qu’il fallait, pour le ministère, choisir entre une politique de concession ou la guerre civile. Le duc céda, et présenta un bill qui, à l’exemple de celui de Pitt, admettait les catholiques au Parlement et à presque tous les postes civils et militaires, à l’exception de quelques-uns des plus élevés. Ce bill passa eu 1829 avec l’aide des whigs. Il avait déjà jeté la confusion dans le parti tory, lorsque le désir d’une réforme parlementaire fut encore surexcité par la révolution de 1830 en France. Charles X fut chassé du trône et remplacé par son cousin, Louis- Philippe, duc d’Orléans, qui devait régner en souverain constitutionnel. Guillaume IV, qui venaitde succéder (20juin 1830) à son frère George IV,

Page 1