‹ Histoire du peuple anglais (tome 2)Chapitre 165 sur 187 · LES NOUVELLES RÉFORMES · texte numérisé non relu

LES NOUVELLES RÉFORMES

mande de 1870-1871, qui enleva à la France l'Alsace et la plus grande partie dè la Lorraine, et rétablit au profit de la Prusse l’empire d’Allemagne détruit par Napoléon I er . Elle paya assez cher cette neutralité en étant obligée de prêter les mains à la révision du traité de Paris, réclamée, parla Russie, et qui détruisit les plus clairs résultats de la guerre de Crimée.

Les nouvelles réformes. — ; Avec lord Palmerston finit cependant la politique d’inaction qui avait marqué son ministère. Lord Russell essaya à plusieurs reprises d’amener une nouvelle réforme parlementaire ; en 1806, il présenta un bill à cet effet à la Chambre des communes, et le rejet du bill entraîna la chute du ministère. Lord Derby, devenu président du conseil avec M. Disraeli comme chef de la majorité à la Chambre des communes, se trouva cependant obligé en 1867 de proposer un bill de réforme beaucoup plus radical que celui de lord Russell. Par cette loi, votée en août 1867, les droits électoraux dans les bourgs étaient étendus * à tous les contribuables, et même aux simples locataires payant dix livres (250 francs) de loyer; le cens électoral fut fixé à douze livres de contribution, trente-trois députés furent supprimés dans les bourgs anglais, vingt-cinq furent transférés aux comtés d’Angleterre, et les autres répartis entre l’Ecosse et l’Irlande.

Les classes ouvrières se trouvèrent ainsi représentées par un grand nombre d’électeurs, et l’on put se rendre compte immédiatement de l’effet de cette grande mesure en voyant l’attitude énergique du Parlement après les élections de 1868. \l. Disraeli, devenu premier ministre après la retraite de lord Derby, se retira de son propre mouvement, en constatant que les libéraux avaient une majorité de plus de cent voix à la Chambre des communes. Il fut remplacé par A1. Gladstone, qui forma un ministère où pour la première fois toutes les nuances du parti libéral se trouvaient représentées. Le nouveau cabinet prouva sa vigueur et sa force par une série de mesures de la plus haute importance; il s’occupa tout d’abord de l’Irlande, dont il essaya de guérir l’état chronique de mécontentement en y supprimant en 1869 tous les privilèges de l’Eglise anglicane et sa suprématie religieuse; de plus, en 18.70, il donna, par un bill sur les biensfonds, des droits spéciaux aux fermiers dans tout le pays. On apaisa en 1868 les dissidents par l’abolition des taxes d’église obligatoires et par l’abrogation en 1871 des serments religieux exigés pour l’admission aux grades et fonctions à l’Université. D’importantes réformes furent aussi introduites dans la marine, et l’on s’occupa de la réorganisation complète de l’armée dès que le gouvernement eut supprimé les achats des grades et commandements. En 1870, la question d’éducation nationale fut facilitée par un bill qui pourvoyait à l’établissement de conseils d’instruction publique dans chaque district; en 1872, on alla plus loin encore en introduisant le scrutin secret dans les élections.

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