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TYRANNIE (i 629-1640).
jusqu’au bout 1 « , tel est le mot qu’ils échangent, impatientés par les lenteurs des réformes qui entravent leur œuvre. Strafford était très-anxieux à la pensée qu’on pourrait gâter son œuvre en Irlande. Laud était d’accord avec lui, et enviait au lord lieutenant sa liberté d’action. « Vous avez toutes sortes de facilites pour agir où vous êtes* , lui écrivait-il. u Allez de l’avant, pour l’amour de Dieu. J’ai perdu, quant à moi, l’espoir de réaliser ici le système bien à fond. » — Ils profitèrent tous deux des embarras financiers du Roi pour le pousser à agir avec plus d’audace. — « l ue fois débarrassé de ces dettes de la Couronne » , écrivait Strafford, « vous pourrez gouverner comme vous l'entendrez. * Tout prétexte spécieux fut soudain laissé de côté, et Laud résolut de trouver des revenus permanents en transformant le ship-money ou taxe des vaisseaux, qu’on ne levait d’ordinaire que sur les ports de mer et les comtés maritimes, en un impôt général, décrété arbitrairement par le Roi. On espérait ainsi obtenir un revenu annuel d’un quart de million de livres sterling (0,205,000 francs) : « Je ne vois pas pourquoi vous ne vous rendriez pas maître de l’Angleterre aussi bien que moi de l’Irlande, moi, pauvre misérable que je suis * , écrivait énergiquement Strafford. A peine le tribunal réorganisé sur son conseil eut-il déclaré la nouvelle taxe légale, qu’il tira les conclusions logiques de cette décision : « Puisque le Roi peut lever de nouveaux impôts pour armer la flotte, il peut agir de même pour équiper une armée; et, puisqu’il a le droit de lever une armée pour résister à une invasion, il peut tout aussi bien conduire cette armée hors d’Angleterre pour la prévenir. Ce qui est légal en Angleterre doit l’être aussi en Ecosse et en Irlande; c’est de la décision des juges que dépend désormais la situation du Roi; grâce à elle, il pourra régner en souverain absolu dans son royaume et se faire craindre sur le continent. Qu’il s’abstienne seulement de faire la guerre pendant quelques années jusqu’à ce que scs sujets soient habitués à la nouvelle taxe, et il se trouvera au bout de ce temps bien plus puissant et plus respecté qu’aucun de ses prédécesseurs. * 11 y eut heureusement des hommes qui virent, aussi clairement que Strafford lui-même, les dangers de l’établissement du ship money pour la liberté nationale. John Hampden, ami d’Eliot, déjà connu pour sa résistance à l’emprunt forcé de 1626, l'un des hommes les plus habiles et les plus éloquents de ce temps, aussi intelligent et aussi instruit qu’aimable et généreux, renouvela son refus; il déclara le ship-money illégal et résolut de pousser le pays à la résistance en faisant appel à la protection des lois.
La résistance. — La nouvelle de l’attitude énergique de Hampden se répandit rapidement dans le pays et fit tressaillir tous les cœurs au moment
I am for Thorough .
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