‹ Histoire du peuple anglais (tome 2)Chapitre 30 sur 187 · LE LONG PARLEMENT (IG40-1C · texte numérisé non relu

LE LONG PARLEMENT (IG40-1C

« Justice ! justice ! « au moment meme où le bill passait à la Chambre des lords.

Le comte n’avait plus d’espoir qu’en la clémence royale; mais trois jours plus tard, Charles contre-signait l’arrêt de mort. Il ne restait plus à Strafford qu’à se préparer à son sort; il mourut comme il avait vécu. Scs amis l’avertirent qu’il y avait une foule énorme aux pieds de la Tour pour assister à sa chute : « Je sais regarder la mort en face et le peuple aussi » , répondit-il fièrement. « Je rends grâces à Dieu de n’avoir pas plus peur de mourir et de pouvoir ôter mon pourpoint aussi gaiement que si j’allais me mettre au lit. » La hache tomba au milieu d’un morne silence; puis, aussitôt après, on entendit des acclamations retentir de tous côtés ; partout dans les rues on voyait flamber des feux de joie, et les cloches de toutes les églises faisaient entendre de joyeux carillons. « Plusieurs citoyens » , raconte un témoin oculaire, « venus à la ville pour voir l’exécution, rentrèrent chez eux à cheval, l’air rayonnant, agitant leurs chapeaux et criant dans toutes les villes qu’ils traversaient : Sa tête est tombée! sa tête est tombée! » (Mai 16 41.)

La Grande Remontrance. — Quelque importantes qu’aient été les modifications apportées au gouvernement pendant les six premiers mois du Long Parlement, on s'était borné, en somme, au rétablissement de la vieille constitution anglaise, telle qu’elle existait à la fin de la guerre des Deux Koses. La position devenait tous les jours plus difficile. Depuis le dernier complot militaire, il circulait partout des rumeurs confuses et des bruits alarmants; des craquements mystérieux dans quelques bancs de la Chambre réveillèrent le souvenir de la conspiration des Poudres, et les députés s’enfuirent, convaincus que l’édifice était miné. D’un autre côté, Charles prétendait que son consentement aux dernières mesures lui avait été arraché par la force, et qu’il pouvait par conséquent être révoqué à la première occasion. Les deux Chambres, inquiètes, jurèrent de défendre la religion protestante et les libertés publiques; ce serment dut être, désormais, prêté par tous les nouveaux fonctionnaires civils, et la grande masse de la nation anglaise y souscrivit avec enthousiasme. Cette même crainte d'une contre-révolution poussa Hyde et les membres du parti modéré dans les Communes à présenter un bill arrêtant que le Parlement actuel ne pourrait être dissous qu’avec son assentiment; Charles l’accepta sans objection, mais en même temps il cherchait l’alliance de la France et préparait la contre-révolution que ce bill avait pour but d’empêcher. Jusqu’alors, l’armée écossaise l’avait retenu ; mais on ne pouvait retarder davantage de la payer et de la renvoyer dans ses foyers. A peine eut-elle passé la frontière, le Koi résolut d’empêcher son retour. Malgré les instances du Parlement, il quitta Londres pour Edimbourg, accéda à toutes les demandes de l’Assemblée ecclésiastique et des Etats d’Ecosse, assista

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