‹ Histoire du peuple anglais (tome 2)Chapitre 97 sur 187 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

GUILLAUME D’ORANGE L

Suprématie de la France. — Au milieu des désordres causés par le complot et le Bill d'exclusion, les plus sages parmi les hommes d’Etat anglais n’avaient cessé de mettre leurs espérances en Marie, fille aînée et héritière de Jacques II. Le despotisme de son père la désignait aux espérances de toute la nation. Mais pour l’Europe, l’avénement même de Marie n’était qu’une question secondaire; elle voyait surtout l’autorité nouvelle qu’il allait conférer à son mari, Guillaume, prince d’Orange. Nous sommes arrivés à un moment où la lutte de l’Angleterre contre la politique agressive de son roi se confond avec la lutte plus formidable encore de l’Europe contre les envahissements de Louis XIV, et ce n’est qu’en jetant un rapide coup d’œil sur l’état général du continent que nous pourrons comprendre le véritable esprit et le résultat de la révolution qui chassa Jacques du trône.

La France était alors, sans contredit, la première puissance de la chrétienté. Les guerres de religion provoquées par la Réforme avaient usé les forces des nations ses voisines. L’Espagne n’était plus en état de défendre le catholicisme; la paix de Westphalie, en accordant aux princes allemands une plus grande indépendance, avait éveillé la jalousie entre les puissances catholiques et les puissances protestantes, et, par suite, ruiné l’unité de l’Empire. La branche allemande de la maison des Habsbourg, déjà affaiblie par la longue guerre de Trente ans, parvenait avec peine à résister aux Turcs qui marchaient sur Vienne, par la Hongrie; les victoires de Gustave- Adolphe et des généraux formés à son école avaient épuisé la Suède; les Provinces-Unies comptaient encore à peine comme grande puissance, et étaient absorbées par leur lutte contre l’Angleterre, qui leur disputait

1 Sources : Aux sources indiquées précédemment, ajouter : la Correspondance de Charles Talbot, duc de Shrewsbury , avec le roi Guillaume III, p. p. M. Coxe, et les Papiers d'Etat et Lettres recueillis par M. Carstairs. Ces derniers se rapportent surtout aux affaires d’Ecosse de 1691 à 1718. Le volumineux ouvrage, publié en allemand par M. Onno Klopp, la Chute des Stuarts et V avènement de la maison de Hanovre, contient aussi un grand nombre de précieux documents. Pour Thistoire de la Hollande au dix-septième siècle, voir la biographie de Jean de Witt, par M. Lefèvre-Pontalis.

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