Jér., XVI
174 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [626 av. J.-C]
étrangers bien à son aise. Même le temple de Sien sera détruit*. Pour balayer les hauts lieux, lahvé balaiera tout.
La lutte devenait à mort. Le monde officiel était poussé à bout et cherchait les moyens de se débarrasser de l'implacable censeur. Un complot se forma contre Jérémie. Au moyen de dénonciations calomnieuses, on crut pouvoir le perdre-; l'intrigue échoua; mais l'âme haineuse de l'inspiré ne pardonna pas. L'effroyable prière où il supphe lahvé de ne jamais oublier le crime de ses ennemis et d'exterminer leurs. femmes, leurs enfants^ semble d'un inquisiteur, identifiant sa cause avec celle de son dieu. Parmi les erreurs que Jérémie poursuit de sa parole ardente, il y en a une si abominable que toute violence en ce qui la concerne fut certes justifiée; c'est l'horrible pratique des sacrifices humains. Mais, voyez le triste retour des choses humaines : Jérémie, nous le verrons bientôt, fut, d'une façon plus ou moins directe, le promoteur d'un code qui édicté la peine de mort pour des délits d'opinions religieuses. L'un vaut l'autre. Les autodafés de l'Espagne ne le cèdent en rien aux
]. Jér., XVII, 3 et suiv.
± Jér., XVIII, 18 et suiv.