‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 110 sur 348 · Ch. XX, 7 et suiv · texte numérisé non relu

Ch. XX, 7 et suiv

[626 av. J.-C] LE ROYAUME DE JUDA SEUL. 173

de sa naissance*, imitée de la grande malédiction du livre de Job. L'accent littéraire en est faible, mais le sentiment exquis. La lutte contre le poids i'atal de la mission divine n'a jamais été exprimée avec plus de sincérité. Le rôle de Gassandre est lourd à porter, et celui à qui le sort l'impose est toujours amené à se plaindre du lot qui lui est échu.

Pourquoi, ô ma mère, m'as-tu donné le jour, à moi homme de bataille, en lutte avec le genre humain'^. Tous me maudissent... Toi tu me connais, lahvé. Venge-moi de mes persécuteurs... Reconnais que c'est pour toi que je supporte l'opprobre. Quand je rencontrais ta parole, je la dévorais; ta parole a été toute ma consolation. Je ne me suis pas assis dans le cercle des railleurs, pour y chercher la joie. Dirigé par ta main, je me suis assis à l'écart; car tu me gonflais de colère...

lahvé le console en lui promettant que la poussée du peuple entier ne suffira pas pour abattre son mur. Qu'il attende, il sera victorieux.

Une autre fois% lahvé lui défend de se marier, d'avoir des enfants. Tout ce qui naît en Judée est destiné à servir de fumier pour engraisser le sol. Juda, qui aime tant l'idolâtrie, sera satisfait. Il sera exilé dans un pays où il pourra servir les dieux

1. Jér., XX, 14-18. Voir le Livre de Job, p. 3i et suiv. "2. Jér., XV, 10 et suiv.

Page 1