‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 121 sur 348 · CENTRALISATION DU JUDAÏSME A JERUSALEM · texte numérisé non relu

CENTRALISATION DU JUDAÏSME A JERUSALEM

L'œuvre de Josias ne se borna pas à purifier les lieux souillés d'idolâtrie et à rendre le pouvoir aux (fnavim, persécutés par Manassès et A mon. Les réformateurs piétistes, qui avaient pris sur son esprit une autorité absolue, voulurent des institutions en rapport avec les tendances nouvelles. Le judaïsme était comme un arbre puissant, plein de sève; des branches, jusque-là cachées sous son écorce et à l'état virtuel, tendaient à se faire jour. La hardiesse des novateurs était extrême; elle ne s'interdisait ni les impostures, ni les mensonges historiques. De là résulta une organisation qui fut de très courte durée, mais qui, fixée dans des livres bientôt envisagés comme sacrés, resta un type idéal pour les siècles suivants, et introduisit

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dans la pâte de l'humanité un élément capital.

La principale cause des abus religieux dont se plaignent si âprement les prophètes était le peu de réglementation officielle du culte. Le roi faisait des sacrifices à son Dieu lahvé dans le temple, qui était en quelque sorte une annexe du palais; les gens de Jérusalem et les personnages considérables obtenaient de sacrifier dans ce même temple. Mais on sacrifiait aussi dans une foule d'endroits consacrés des territoires de Juda et de Benjamin. Ces cultes locaux n'étaient pas surveillés; les impuretés étrangères s'y mêlaient facilement. Une mesure capitale était nécessaire, une mesure qui fixât à Jérusalem le centre unique du culte ^ La petite étendue du territoire de Juda rendait cela possible. Aucune localité du royaume n'était éloignée de la capitale de plus d'une douzaine de lieues.

Josias prit cette mesure avec une décision qui étonne. Tous les sanctuaires autres que le temple de Jérusalem furent supprimés. Il dut en résulter un étrange bouleversement dans les familles sacerdotales des petites villes de province. Qu'on se

1. II Rois, XXIII, 5, 8, 9, en observant la prégnance du récit. Ces D^IDD ou faux prêtres sont eh même temps des □"'jUD, admis à quelques-uns des droits des prêtres légitimes et partageant avec eux. Cf. Jéréniie, vu, 3-1 i; Deut., xii.

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figure un règlement par suite duquel, dans le diocèse de Paris, on ne dirait plus la messe qu'au grand autel de Notre-Dame. Quel serait le sort des prêtres de banlieue? Par suite de la suppression des bamoth ou hauts-lieux de province, une foule de lévis se trouvèrent sans pain ; on les transféra pour la plupart à Jérusalem; plusieurs y vinrent volontairement, après avoir vendu leur patrimoine ^ On ne leur donna pas le droit de monter à Tautel de lahvé avec les prêtres attitrés du temple, censés descendus d'Aaron; ils restèrent des desservants de bas étage, des espèces de sacristains; mais une part leur fut assignée dans la distribution des dons en nature, surtout des massoth ou pains azymes, qu'ils mangeaient « avec leurs frères » c'est-à-dire en famille, sans distinction ^

Ainsi s'augmenta dans une énorme proportion le personnel du temple. A partir de cette époque, le nom de prêtre lévitique commença d'être employé, pour désigner tous les prêtres iahvéistes purs^ Le mythe d'une prétendue tribu de Lévi, prélevant un préciput sur ses frères, prit alors tous ses développements. Le germe en existe dans les

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