Deut., XVIII, 6 etsuiv
, 2. II Rois, XXIII, 8-9. Cf. Ézéchiel, XLiv, 10 et suiv. 3. Deul., XVII, 9, 18; xviii, i; xxi, 5; xxiv, 8, etc.
anciennes rédactions de l'histoire sainte ; cependant ce n'est qu'après Josias que ce troupeau de prêtres entassé à Jérusalem devient une institution d'Israël et peut-être celle qui pesa le plus sur ses destinées.
Les lévites étaient très pauvres, n'ayant guère pour vivre que les aubaines du temple. Le peuple des anavim ou pauvres de Dieu grossit ainsi démesurément. Le temple s'entoura d'une triple haie de mendiants. lahvé eut une armée de fanatici, vivant de son autel, oisifs à l'ombre de son sanctuaire. La poésie du temple était créée. On aime toujours les lieux où l'on a été pauvre. L'enceinte qui entourait l'édifice sacré fut le point d'attache de mille sentiments. Il fut clair que, si ce temple venait à être détruit, il serait rebâti par l'amour qu'il avait inspiré. A cette heure-ci, le judaïsme existe matériellement ; ses racines ne seront plus ébranlées; il vivra de siècle en siècle, poussant de droite et de gauche les rameaux les plus féconds. L'œuvre idéale, vaguement aperçue par tous les voyants d'Israël, est maintenant réalisée en une maison de pierre, qu'on peut croire indestructible pour l'éternité.
La révolution opérée par ces mesures ne fut pas en province aussi sensible qu'on pourrait le croire; car le mouvement de centralisation du culte avait
194 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [622 av. J.-C]
commencé à s'effectuer depuis la destruction du royaume d'Israël et depuis Ézéchias. Des mesures furent prises pour que la boucherie, qui jusque-là avait été inséparable des sacrifices, ne fût pas trop gênée. Une seule boucherie centrale pour Juda, c'était vraiment trop peu. La boucherie fut en quelque sorte laïcisée, et on admit des tueries profanes*. C'est à Jérusalem que la réforme fut profonde et changea entièrement la face de la religion. Le temple prit une importance toute nouvelle. Il devint ce qu'était le temple de Melkarth à Tyr, le sanctuaire national unique d'un dieu qui n'a qu'un temple et est seul dans son temple ^ Le monothéisme absolu fut fondé sur un signe évident et tangible. Les prophètes qui jusque-là n'avaient pas tenu grand compte du temple, commencèrent à se grouper autour de lui, dans les liska^^ qui formaient une sorte de galerie autour de l'édifice sacré. Le temple en vint, de la sorte, à ressembler beaucoup à une mosquée musulmane, avec ses qohhé^ servant à l'enseignement. D'un autre côté, une véritable armée de clercs mineurs se forma autour du temple. Un long travail d'organisation