‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 129 sur 348 · Jér., XXVI · texte numérisé non relu

Jér., XXVI

4. Premier manifeste contre Joïaqim, scène de Baruch, et ch. vu.

202 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [622 av. J.-C]

Jésus, six cent cinquante ans après Jérémie, sera en cela, comme sur bien d'autres points, son imitateur. Juda avait désormais un semorium commun. Cette petite nation, si dénuée d'institutions politiques, était la plus richement douée qui fut jamais pour l'agitation religieuse. La fièvre qui la dévore ne s'éteindra plus.

L'état tout à fait fragmentaire où nous est parvenue l'histoire des rois de Juda ne nous laisse voir, de toutes ces grandes choses, que le résultat. Qui inspira, qui assista Josias dans cette grande réforme, où il eut sans doute une faible part personnelle? Le nom de Jérémie se présente de luimême. Sur tous les points, l'accord est parfait entre les vues du prophète et les mesures prises par le roi. Les prophètes de l'école d'Amos, de Michée, d'Isaïe, n'auraient nullement conseillé de donner cette importance au temple, dont ils se souciaient assez peu. Mais nous avons remarqué que Jérémie était bien plus prêtre que les prophètes antérieurs. Il était naturel qu'il versât du côté du culte. Son idéal impliquait la religion d'État et un roi protégeant par son glaive le culte pur de lahvé. Les mesures de Josias répondent si parfaitement à ce programme qu'on ne peut se défendre de l'idée que, derrière tous les actes du roi, était Jérémie.

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Si Ton objecte qu'un prêtre d'Anatoth a pu diffi^ cilement participer à la suppression des cultes locaux, on peut répondre que ce prêtre d'Anatoth était en guerre ouverte avec sa famille, qui voulait le tuer. Qui sait si cette haine n'avait pas pour origine les sentiments que put exprimer de bonne heure le jeune Jérémie sur les abus de ces cultes de village, où devaient se mêler tant de détails indignes de la Divinité ?

Le zèle de Josias s'étendit jusqu'au territoire de l'ancien royaume d'Israël. Il s'en fallait beaucoup, en eflet, qu'on eût oublié l'ancien royaume et que les prétendus apports cuthéens et autres eussent obhtéré l'israélitisme en ces parages*. La population Israélite était nombreuse. L'autorité assyrienne s'y faisait faiblement sentir, et d'ailleurs, à partir de la chute de Ninive, elle put cesser. Ces pays tombèrent tout à fait dans l'action religieuse de Jérusalem^ Les puritains de Jérusalem en voulaient surtout à Béthel, qui avait été le principal centre de ce qu'ils considéraient comme Finfidélité d'IsraëP. Le veau d'or, représentant lahvé, que Jéroboam érigea en cet

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