Ch. XII. Gomp. xv, 19-23, et les Psaumes lévitiques, par
Il est clair qu'une telle vie de voyages continuels n'aurait pu être bien longtemps la règle d'une société. Il faut toujours se souvenir que ces lois représentent un état de choses que l'homme de Dieu aurait désiré voir établi bien plutôt qu'un état réel ayant eu de la durée. Il faut se souvenir, d'ailleurs, que Josias mourut en 609, que sa mort fut suivie d'une réaction antipiétiste qui ne finit qu'avec le royaume de Juda, si bien que le bel idéal rêvé par l'auteur du Deutéronome n'a guère duré que treize ans; et certes plus de treize années eussent été nécessaires pour mettre en train un régime aussi extraordinaire et le faire fonctionner. Le culte intérieur du temple de Jérusalem ne paraît avoir subi sous Josias que peu de changements. La théorie des sacrifices, dans le Deutéronome, est des plus simples. Ils sont de deux sortes : holocaustes où la victime est consumée; sacrifices où l'animal est tué, puis mangé en famille ^ On éprouva le besoin d'établir des règles pour le partage des viandes entre les prêtres et le fidèle qui offrait le sacrifice, mais sans entrer dans les déexemple, XXII, 27; XXIII, 1,5; xxxvi, 9; cxxxh, 15. Voir cidessus, p. 199 et suiv.
1. Deut., XII, 11 et suiv. ; xiv, 22 et suiv; xv, 19 et suiv. ; xvi, XVII, etc.
[622 av. J.-C] LE ROYAUME DE JUDA SEUL. ' 223
lails qui plus tard furent jugés nécessaires*. Les préoccupations de Fauteur du Deutéronorne, tout en étant sacerdotales à un haut degré, ne sont pas exclusivement liturgiques. Elles sont avant tout morales et puritaines. Les devins, les sorciers, les faux prophètes, la prostitution religieuse, l'érection des aseroth, les incisions au front et l'habitude de se taillader les cheveux, surtout l'horrible pratique de faire passer les enfants par le feu, voilà ce qu'il abomine ^ C'était la reprise, avec une rigueur nouvelle, du programme de réforme essayé mollement sous Ézéchias.
La situation qu'avaient faite aux lévites les innovations de Josias entraînait les conséquences les plus singulières. Pour l'auteur du code deutéronomique% lévite est synonyme de prêtre; son expression favorite est : prêtres lévitiques^; il n'a pas l'idée d'une hiérarchie entre les cohanim. Le grand prêtre, évidemment, n'existait pas encore ^ Tous les lévites, selon notre code, fonctionnent à l'autel.