Deul., XXIII
3. L'éloge Jér., xxii, 15-16, est indirect. Les pièces mentionnées dans II Cliron., xxxv, 25, furent certainement composées après coup et faussement allribuées à Jérémie.
262 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [609 av. J.-C]
Comment, surtout, les piétistes s'expliquèrent-ils la mort prématurée et imméritée de ce prince accompli selon lahvé? Pour le iahvéiste conséquent, un malheur arrivait toujours par la faute de quelqu'un. Il était difficile de soutenir que le malheur de Josias avait été amené par son impiété. « Avant lui, dit l'auteur des Rois*, il n'y eut pas de roi comme lui, qui se fût attaché à lahvé, de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force, conformément à toute la Loi de Moïse, et, après lui, il ne s'en éleva pas de semblable à lui. » Le vrai coupable de la catastrophe de Megiddo, ce fut Manassès. «... Cependant lahvé ne se détourna pas de la grande colère dont il était enflammé contre Juda, à cause de tout ce que Manassès avait fait pour l'irriter ^ d Et lahvé dit : « Ce Juda aussi, je le rejetterai de devant ma face, comme j'ai déjà rejeté Israël; je ne veux plus de cette ville que j'avais choisie, ni de cette maison dont je disais : Mon nom y sera attaché ^ » Ainsi, contrairement à tant de promesses de pardon faites par Jérémie,
i. II Rois, ch. XXIII, verset 25.
2. C'est ici la meilleure réfutation de ce que le Livre des Chroniques raconte sur la conversion de Manassès. Quoi ! Manassès aurait été pardonné, quand Josias est puni à cause de Manassès.
3. Il Rois, XXIII, 26 et suiv, Voir ci-après, p. 263, note 3.
[609 av. J.-C.J LE ROYAUME DE JUDA SEUL. 263
le crime de Manassès était inexpiable. Tous les systèmes qui aspirent à justifier le gouvernement temporel de la Providence sont condamnés à supposer Dieu inepte, féroce ou jaloux. Autant vaut ne pas essayer de le justifier.
Selon le récit d'Hérodote^, la conséquence immédiate de la victoire de Megiddo fut la prise de la ville importante de Cadytis. Il y a là une énigme qui n a pu encore être bien résolue. Ce qui est encore le moins invraisemblable, c'est que ce nom s'applique à Jérusalem^ désignée par l'épilhète que lui donnaient déjà les piétistes, Qedosa ou Qedisé, « la Sainte ^ » . Après la bataille de Megiddo, Jérusalem était tout à fait ouverte à Néchao, et, s'il n'y vint pas, c'est qu'il ne voulut pas y venir. Les choses, en tout cas, se passèrent d'une façon tumultuaire. A la nouvelle de la mort de Josias, le peuple proclama un de ses fils cadets, âgé de vingttrois ans, fils de la reine Ilamoutal, qui paraissait offrir plus de garanties au patriotisme que son aîné