Gh. XLIX
^. Gh. \Lix, 28-33.
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l'écart. Que ses chameaux deviennent votre butin ! Que ses troupeaux soient au pillage ! Je les disperserai à tous les vents, ces gens aux cheveux tailladés; de tous côtés, je ferai fondre sur eux la ruine; parole de lahvé ! Hasor deviendra un repaire de chacals, une solitude éternelle; il n'y demeurera plus personne; aucun mortel n'y séjournera.
L'épouvantable cri de joie qu'arrache au prophète juif l'extermination qui frappera bientôt des peuples paisibles, vivant tranquillement de leur industrie^, estquelquechose d'horrible; ce qui Test plus encore, c'est la sympathie que l'homme de Dieu a pour le Tamerlan qui va tout mettre à feu et à sang. Le lahvé exterminateur, ayant pour parfait serviteur Attila, voilà l'idéal de Jérémie. Cet appareil de la destruction l'enchante; il y applaudit; il s'y complaît. Les affreux tableaux qui remplissent les Ouera sont peut-être ceux où Jérémie a déployé le plus de talent. Il y flotte comme une buée de sang. L'idée que la force représente la volonté de lahvé, l'affreuse expression de « Dieu des armées ^^ y>,
\. Comp. Juges, xviii, 7.
12. Nous ne parlons que de l'idée; car l'expression de Sebaoth garde, dans Jérémie et les écrivains hébreux les plus modernes, le sens qu'elle a dans les prophètes les plus anciens. La traduction xOpio; twv ^uva(i.£œv vient des traducteurs alexandrins, qui eux-mêmes, dans beaucoup de cas, mettent iiaSawô ou rxvrcjcjiâTtop. Les traductions orientales n'ont jamais admis le sens d'armées.
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ridée que la justice suprême s'exécute par les batailles, jeu horrible d'où Dieu est si absent, tout cela est bien le côté nocturne de Jérémie. Il aime Nabuchodonosor, parce que Nabuchodonosor écrase les civilisations citadines et industrielles, que son instinct patriarcal lui fait haïr. Ce qui détruit lui paraît fort et par conséquent approuvé de lahvé. Plus tard, la prédication chrétienne abusa déplorablement de ces idées. C'est du livre de Jérémie, un des plus dangereux du Canon biblique, que sont venus ces hideux prosternements devant le massacre accompU qui ont si souvent souillé le langage catholique. Non, le mucro Domiul n'est aux mains de personne et ne travaille pour personne. Attila n'est en rien le ministre de Dieu. Il est le mal, la négation de Dieu.
De Karkemis, Nabuchodonosor prit la route de rÉgypte,parlaCélésyrie, selon ritinéraiic traditionnel des expéditions assyriennes. Il marchait lentement, soumettant les populations sur son passage^
1. Un monument insigne du passage de Nabucliodonosoi* se voyait au Wadi Brissa, près de Ribla, au pied du Djébel-Akkar; malheureusement il a été presque détruit il y a peu d'années. Voir Pognon, /es Inscr. babyl, du Wadi Brissa (Paris, 1887). L'inscription de Wadi Brissa, commj toutes les inscriptions de .Nabuchodonosor, se rapportait principalement aux constructions qu'il avait faites à Babylone et à Borsippa; celle-ci paraît avoir
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A mesure qu'il approchait de la Judée, l'enthousiasme de Jérémie pour l'envahisseur redoublait. Il croyait probablement que Nabuchodonosor déposerait Joiaqim, et que la crise amènerait le massacre de ceux qui s'étaient compromis dans l'occupation égyptienne. Comme ces derniers étaient en même temps ses adversaires, il espérait assister ainsi au dernier soupir des ennemis de lahvé. En son langage exagéré, Jérémie ne savait pas mesurer les mots. Il faisait comme un publiciste français qui, à bonne intention, en 1870, eut appelé les Prussiens les ministres de Dieu, eût applaudi aux défaites amenées par nos fautes, eût prédit pour l'avenir dix fois pis encore si l'on ne s'améliorait. La joie féroce qu'affecte le prophète hyperbolique n'est qu'une apparence, une figure de rhétorique. Mais combien les apparences étaient cette fois un défi à l'opinion! C'est, à ce qu'il semble, au moment le plus critique du règne de Joïaqim que Jérémie conçut un de ses projets les plus hardis, pour frapper le peuple et imposer ses idées de réforme aux récalcitrants.
été cependant plus topique (Voir Pognon, p. 21-22). Une autre inscription de Nabuchodonosor se voit à l'embouchure du Fleuve du Chien, près de Beyrouth. Sayce, dans les Proceedings of the Soc. ofBibl. Arch., nov. 1881, p. 9 et suiv.; Schrader, p. 364. Cette stèle est à peu près illisible.
Jusque-là Jérémie n'avait pas écrit ses discours \ Il pensa que, réunis en un volume, et mis en rapport avec les terreurs de l'invasion chaldéenne, ces discours, aussi bien ceux qui étaient relatifs à Juda que ceux qui se rapportaient aux autres nations, feraient une vive impression ^ Il prit donc un rouleau et dicta à un de ses disciples, Baruch, fils de Nériah, frère de Seraïah, haut personnage de la cour'', toutes ses pièces antérieures. Peu de temps après eut lieu une grande panégyrie de tout le pays à Jérusalem pour la célébration d'un jeûne (décembre 605). Les cours du temple étaient remplies de monde. Jérémie annonça l'intention de s'y rendre; mais, au dernier moment, il feignit d'être empêché, et envoya Baruch, en le chargeant de lire en public le volume qu'il lui avait dicté. Les cours du temple étaient entourées de liskoth ou cellce ne recevant de jour que par la porte, analogues aux qohbé des mosquées musulmanes, et, en se tenant sur le seuil, on pouvait s'adresser à tout le peuple. Baruch choisit pour s'y installer la cella de Gémariah fils de Safan le scribe, dans la cour supérieure, à côté de la porte Neuve du temple. L'efiet de la