Jér., XXIX (vers
330 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [595 av. J-.C.j
pour transmettre une lettre aux exilés*, d'une ambassade, composée d'Élasa fils de Safan et de Gémariah fils de Hilqiah, que Sédécias envoya vers Nabuchodonosor, à Babylone. Il y a dans ce morceau des conseils d'une haute sagesse, qui ont élé, pendant des siècles, la règle du judaïsme dispersé^ Jérémie, d'un autre côté, aurait voulu servir les vues du gouvernement babylonien qu'il ne se serait sûrement pas exprimé autrement. Nous savons que, dans les grands malheurs nationaux, on arrive facilement, par une certaine sincérité, à se donner les apparences de traître et d'ennemi de la patrie.
Voici ce que dit lahvé Sebaoth, le Dieu d'Israël : « A tous les exilés que j'ai fait transporter de Jérusalem à Babel. Bâtissez des maisons, et demeurez-y; plantez des jardins, et mangez-en les fruits. Prenez des femmes, ayez des fils et des filles; donnez des femmes à vos fils et mariez vos filles, pour qu'elles engendrent à leur tour. Multipliez-vous là, et ne laissez pas votre nombre se réduire. Contribuez à la prospérité de la ville où je vous ai fait transporter, et priez pour elle, car votre prospérité dépend de la sienne. Ne vous laissez pas séduire par les prophètes qui sont au milieu de vous ni par vos devins. Ils mentent ; je ne leur ai pas