Ch. XXXVII
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de la porte de Benjamin, très près du camp que les assiégeants avaient occupé et où ils allaient reprendre position. On le remarqua ainsi près de ladite porte un jour qui coïncida trop bien avec le retour desGhaldéens. On prétendit qu'il cherchait à passer au camp ennemi. Le chef du poste, leriiah fils de Sélémiah l'arrêta, et on le conduisit aux sarim ou ministres de la défense nationale, qui le firent battre de verges et enfermer dans la maison du sofer Jonathan, convertie en prison \ Il y était au secret, et on lui donnait à peine de quoi mangera Le roi Sédécias, qui au fond croyait à lui, le fit venir en cachette et lui demanda s'il avait reçu quelque oracle de lahvé. Jérémie le renvoya à ses prophètes, lesquels avaient annoncé que les Ghaldéens ne reviendraient pas. Il se plaignit des traitements qu'il subissait dans la maison de Jonathan, déclarant qu'il mourrait si cela continuait. Le roi n'osait le faire mettre en liberté à cause de Tanimosité des sarim contre lui ; il donna ordre de le transférer dans la prison du palais royal, grande
i. Nous avons deux récits sur la prison de Jérémie, ch. xx (cf. XXXII, 1 et suiv.) et cli. xxxvii. Celui-ci vient de Jérémie luimême; quoique un peu prégnant d'additions marginales, il doit être préféré.
2. Ch. xxxvii, V. 15, obscur; paraît provenir des variantes de la mar«re.
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cour ouverte, où, les prisonniers, les pieds engagés dans des ceps le long des murs, étaient en communication avec le public. Il lui fut assigné un pain par jour du bazar des boulangers, et on ne cessa de le lui servir que quand il n'y eut plus de pain dans la ville.
De sa prison*, Jérémie ne cessait de répandre des prédictions sinistres et d'exciter le peuple à se rendre aux Chaldéenspour avoir la vie sauve. Les ministres exposèrent au roi le découragement que ces paroles répandaient parmi les gens de guerre qui restaient encore dans la ville. Les disciples de Jérémie, par lesquels nous savons ces histoires, prétendent que le roi n'avait plus en réalité le pouvoir, qu'il était pieds et poings liés aux mains du parti militaire. Sédécias aurait cédé malgré lui. Les ministres auraient alors saisi Jérémie et l'auraient fait descendre avec des cordes dans une citerne vide, ayant un fond de boue, où Jérémie avait le corps à demi plongé.
La chose fut rapportée au roi, qui à ce moment était kla porte de Benjamin, par un eunuque du palais, Ébed-mélek le Couschite. Le roi donna ordre de tirer le prophète de cet horrible endroit. Ébedmélek, avec l'aide des serviteurs du palais, descen-
1. Ch. xxxviii, 1 et suiv., récit contradictoire et prégnant.
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dit au prophète des lambeaux de vieilles hardes, qu'il s'attacha sous les aisselles, et au moyen desquelles on le remonta sans le blesser. Il fut enfermé de nouveau dans la cour de la prison attenante au palais.
Son audace ne faisait que grandir. L'avenir immédiat lui apparaissait toujours sous les couleurs les plus sombres; mais, au delà des mornes tristesses du présent, le pessimiste vieillard entrevoyait des temps meilleurs, où Israël n'aurait qu'un cœur et qu'une voie, où la religion parfaite existerait. La ville était à moitié détruite par les ouvrages d'attaque des Ghaldéens, le palais royal, où se trouvait la prison, était ébranlé, qu'il annonçait encore la future prospérité de Juda et de Benjamin, maintenant si humihés ^ Selon une version, il aurait même annoncé l'éternité du sacerdoce lévitique et de la race de David, celle-ci devant à jamais fournir des chefs à Jacob ^; mais tout ce passage est suspect d'interpolation, ou du moins les disciples du prophète paraissent en avoir, après coup, forcé les couleurs. Ailleurs, Jérémie présente la race de