‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 259 sur 348 · Second Isaïe, surtout lxiv, 4, et lxv entier · texte numérisé non relu

Second Isaïe, surtout lxiv, 4, et lxv entier

2. Les Lamentations seraient une exception, si l'on ne devait y voir une œuvre de rhétorique artificielle, bien postérieure.

[580 av. J.-C] LA CAPTIVITÉ DE BABYLONE. 391

des éléments qui luttaient a jugulé l'autre. Les anavim, jusque-là minorité persécutée, seront désormais tout Israël. Chez les peuples voués à ridée, la loi, nous Tavons dit vingt fois, se fait par la minorité. La Révolution française fut la gageure d'un petit nombre d'énergumènes, qui réussirent à faire croire qu'ils avaient entraîné la nation. On ne parle que de ceux-là; le troupeau de moutons ne sert qu'à faire nombre. L'histoire ne s'occupe que des ambitieux et des passionnés. Tout réussit à ceux qui ont une mission divine à remplir. Les hommes les plus funestes durant le siège furent admirables dès qu'ils n'eurent plus de politique à faire. Par des éliminations successives, Israël devenait un groupe de justes, ne s'occupant ni de guerre ni de politique, acceptant la suzeraineté de Babylone, tout en gardant au fond du cœur cette pensée consolante que bientôt Babylone allait être détruite à son tour. Les classes profanes étaient frappées à mort; l'école prophétique, au contraire, était plus vivante que jamais. Jérémie traînait ses dernières années, obscur en Egypte*. Mais Baruch, son disciple, et toute son

1. On croit voir des allusions à la triste fin de Jérémie et aux injustices dont il fut l'objet, dans le Second Isaïe, lui. Voir ci-après, p. /185-486.

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école continuaient le vieil esprit, datant de Josias. Les douleurs de la nation inspiraient des chants plus harmonieux que jamais.

Sur les canaux de Babel, là nous nous assîmes i, Et nous pleurâmes au souvenir de Sion.

Aux saules qui bordaient les rives, Nous suspendîmes nos cinnors.

Car un jour nos maîtres nous demandèrent des hymnes,

Nos oppresseurs des chants de joie :

« Chantez-nous, [disaient-ils,] un des cantiques de Sion. >

Comment chanterions-nous l'hymne de lahvé, En terre étrange !

Si je t'oublie jamais Jérusalem, Que ma main droite se dessèche;

Que ma langue s'attache à mon palais, Si je ne me souviens toujours de toi, Si je ne place Jérusalem Au sommet de toutes mes joies.

Souviens-loi, lahvé, de la conduite des fils d'Édom' Au dernier jour de Jérusalem :

c Démolissez-la, démolissez-la, [Disaient-ils,] jusqu'en ses fondements. »

Fille de Babel, ô cruelle !

Heureux qui te rendra le mal que tu nous a fait !

Heureux qui saisira

Et brisera tes petits contre la pierre !

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