‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 269 sur 348 · PLANS DE RESTAURATION. EZECHIEI · texte numérisé non relu

PLANS DE RESTAURATION. EZECHIEI

Ce qui montre le mieux l'incroyable foi qu'a le peuple juif en lui-même, c'est la fécondité des imaginations qu'il se fit sur sa résurrection future, juste au moment où les choses du monde paraissaient lui être le plus contraires. L'âme passionnée d'Ézéchiel atteignit en ces années une hauteur où rarement la nature humaine a pu se tenir. Le rétabHssement de Jérusalem faisait si peu l'objet d'un doute pour ce croyant imperturbable, que toute sa pensée était occupée par des plans, souvent bizarres, pour aménager la société future conformément h l'esprit des prophètes dont il était l'ardent continuateur.

La réforme de Josias étant devenue la loi du iahvéisme d'une façon si absolue, l'idée d'un culte

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de lahvé pratiqué hors de Jérusalem semblait une impossibilité. La religion, comme l'avait entendue Jérémie, était non seulement un culte purement citadin, mais un culte qui ne pouvait se pratiquer que dans une ville déterminée. Cette ville une fois détruite, il fallait à tout prix la relever, sous peine de voir périr la vérité. Si les idées juives prirent un tout autre tour après le siège de Titus, c'est que la puissance romaine avait un caractère bien plus inéluctable que la puissance assyrienne. En outre, la conception idéaliste avait fait en Israël de tels progrès, grâce surtout au christianisme, que Jérusalem était devenue moins nécessaire au iahvéisme et que les docteurs de labné purent concevoir une parfaite observation de la Loi sans sacerdoce ni autel.

L'organisation sacerdotale et rituelle était l'objet sur lequel se portaient principalement les rêves des piétistes. Sûrement, on se proposait de revenir au passé dans ses lignes essentielles; mais on sentait que bien des changements matériels étaient nécessaires, et on ne se faisait nul scrupule de les introduire. Ézéchiel usait ses loisirs de captif h ruminer des plans, qu'il remaniait sans cesse. Abordant de front le problème que les réformes de Josias avaient créé sans le résoudre, la hiérarchie du

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corps sacerdotal, il cherchait à voir en esprit la ville de prêtres qui sortait de Teffort inconscient d'Israël.

Ces idées, qui apparaissent dans Ézéchiel sous des formes assez diverses et avec des retouches montrant en quelque sorte le progrès de sa pensée, sont résumées dans une suite de visions^ datées de Tan 575 avant Jésus-Christ. Les morceaux en question forment un petit exposé idéal de la nouvelle organisation, conçue par celui qu'on est autorisé à considérer comme le second fondateur du judaïsme après Jérémie. Il n'y a pas de pages dans les écrits du passé qui révèlent un plus étrange état d'esprit. On dirait un rêve, où les lois de la réalité n'existent plus, où les chiffres mêmes sont flexibles. La géographie y est toute fantaisiste; la topographie pleine de contradictions. C'est un idéal que, sûrement, le Voyant n'aurait voulu voir appliqué qu'avec une foule de modifications. Les nombres, en particulier, sont presque mis au hasard, et il y a de la naïveté à vouloir les corriger; l'auteur eût aussi bien fait de les laisser en blanc. Ceux qui prétendent fonder sur ces visions bizarres des calculs et des dessins feraient aussi

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