Ézéch., cil. XL-XLVIII
bien de dresser le plan de la Jérusalem céleste de l'Apocalypse. Ils devraient donner une place, dans leurs tracés, au fleuve sortant du temple, grossissant à chaque pas, et allant assainir la mer Morte \ Aucun prophète, autant qu'Ézéchiel, ne s'est joué de l'impossible. Il rappelle Fourier; mais c'est un Fourier qui décrirait son phalanstère avec la précision d'un architecte ou d'un arpenteur.
Ézéchiel conçoit Israël comme une pure théocratie, où il n'y aurait ni gouvernement civil, ni gouvernement militaire, ni armée, ni magistrature, ni politique. Comme tous les juifs à toutes les époques, il se trouve très bien d'une condition de vassalité, où le peuple de Dieu, dispensé des charges d'un État organisé, peut goûter à sa guise les promesses de lahvé. La cité rêvée par Israël n'a de place au monde que comme fief intérieurement libre d'un grand empire, à la manière des communautés de raïas de l'islam. Il n'y a dans cette cité ni roi ni service militaire. Si Ézéchiel, dans les premières années de la captivité, donne encore à son berger d'Israël le nom de David % sans indiquer clairement qu'il sera de la race de David, maintenant il ne l'appelle plus que nasi (prince). Le nasi