‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 308 sur 348 · Isaïe, XLI, 25, atténué par Isaïe, xlv · texte numérisé non relu

Isaïe, XLI, 25, atténué par Isaïe, xlv

[536 av. J.-Cl LA CAPTIVITÉ DE BABYLONE. 471

prêta une pleine reconnaissance de la supériorité de lahvé et une conscience claire de la mission qu'il accomplissait.

La dynastie achéménide, .en effet, est la domination dont les Juifs se sont le mieux trouvés dans leur longue histoire. Eux, si portés à se plaindre, ne se sont jamais plaints de Fempire perse. Sous un tel régime, tout allait au mieux pour l'œuvre des piétistes juifs. Ils étaient libres à leur manière. Moyennant quelques formes de respect extérieur, qui dissimulaient mal beaucoup de dédain, ils se trouvaient protégés contre leurs voisins, toujours mal disposés pour eux, et à Tabri des grandes révolutions du monde, sur lesquelles ils pouvaient, selon leur usage, spéculer à perte de vue.

C'est qu'aussi l'empire achéménide réalisa, dans ses premières années, un état politique assez parfait. C'était quelque chose d'analogue à l'empire germanique du moyen âge, vite latinisé et transformé par la cour de Rome, ou plutôt à l'empire ottoman du temps de Mahomet II. La corruption vint plus tard, quand la Babylonie vainquit son vainqueur, et imposa à l'empire achéménide ce qu'elle imposa plus tard aux Sassanides et aux khalifes, sa civilisation, sa bassesse morale, sa corruption profonde, sa mollesse. Une forte organi-

sation centrale laissait place aux diversités locales, soit sous forme de petites royautés, comme c'était le cas pour les villes de Phénicie, soit sous forme de religions indépendantes. C'était justement ce qu'Ezéchiel avait rêvé pour son Israël restauré en pure théocratie. Cette théocratie, qui eût rendu non vivables tout royaume, toute république, se trouva parfaitement d'une situation qui lui enlevait le souci politique et la laissait libre de suivre son utopie. Le nasi allait pouvoir vaquer à ses présidences d'honneur, au milieu d'une armée de prêtres riches. C'est ainsi que, de nos jours, la communauté grecque de Smyrne, débarrassée par la suzeraineté turque de l'agitation politique, qui use la Grèce indépendante, est plus libre de suivre sa ligne de développement intérieur que le royaume hellénique. Sous le protectorat achéménide, Israël ne créa plus (la capacité de son génie créaleur était épuisée) ; mais il se développa avec une admirable liberté. Esdras et Néhémie eussent été impossibles avec un roi de Jérusalem. On ne dispose pas comme ils firent d'une société pour la façonner selon un idéal religieux, quand cette société a un principe vivant d'organisation nationale et surtout une dynastie.

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