Jér., ch. L et li. Voir ci-dessus, p. 45i et suiv
470 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [536 av. J.-C]
construisent toutes sortes de belles choses au profit du feu. Au-dessus des nationalités, en effet, il y a ridéal éternel. Le socialisme, selon le rêve Israélite et chrétien, tuera probablement un jour les patriotes et fera une réaHté de ce qu'on lit à l'Office des morls : Judicare seculum per ignem.
Si la perspective de la prise de Babylone avait si fort exalté l'imagination d'Israël, ce fut bien pis encore quand l'événement fut accompli et que l'arrivée de Gyrus à la domination universelle ouvrit la porte aux espérances les plus hardies. Persuadé que le monde ne tourne que pour lui, l'Israélite vit dans les grands bouleversements une manœuvre de lahvé pour arriver à ses fins. La verge dont il s'était servi pour châtier Israël était brisée. Gyrus succédait à Nabuchodonosor comme exécuteur de la volonté divine. Lui-même, prétendait-on, l'avait confessé, et avait fait hommage de sa puissance à lahvé. Gela conduisait à l'idée que Gyrus voudrait reconstruire le temple du Dieu à qui il devait tout, et bientôt nous verrons cet ordre d'imaginations se développer*. Il fut reçu que Gyrus, au moins par moments, invoqua le nom du vrai Dieu^ On ne le fit jamais se convertir au iahvéisme; mais on lui
i. Voir ci-après, p. 517-518.