‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 345 sur 348 · LE RETOUR · texte numérisé non relu

LE RETOUR

Toutes les discussions, les hésitations même auxquelles nous venons d'assister supposent que les Juifs se sentaient libres de quitter la terre d'exil et de regagner leur patrie. Ils l'étaient en efFet. Plus tard, on supposa que, le lendemain de sa victoire, Gyrus, voulant rendre hommage au Dieu qui la lui avait fait remporter, publia solennellement un édit pour la liberté d'Israël et pour la reconstruction du temple*, ordonnant de restituera Israël les vases sacrés que Nabuchodonosor avait fait enlever. Voilà le premier exemple de ces édits apocryphes dont l'historiographie juive des bas temps s'est montrée si prodigue. On croyait se donner de

1. Esdr., 1, 1 et suiv., v, 13 et suiv. ; vi, 3 et suiv. (partie très faible). L'édit est calqué sur Deutéro-Isaïe, xliv, 28.

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Fimportance en montrant les potentats du jour ayant pour premier souci de protéger Israël. Il est probable qu'en faitCyrus ne pensa jamais aux Juifs et entendit à peine parler d'eux. Ce qui est vrai, c'est que l'ordre nouveau que Cyrus inaugura rendit la liberté à Israël. L'interdiction du retour n'eut pas besoin d'un édit spécial pour être levée. La victoire des Perses et des Mèdes rendait par le fait la disposition d'eux-mêmes à tous les captifs. Sans doute il s'organisa d'abord des bandes isolées. La route par Circesium et Ribla était d'au moins trois mois*. Les dangers du voyage, dans l'état où se trouvait l'Orient, devaient être extrêmes. On comprit bientôt la nécessité de grandes caravanes. Deux expéditions principales furent préparées, sous la conduite de princes appartenant à la famille de David. La première eut pour chef Sesbassar, fils de Joïakin^; elle arriva, ce semble, la première h

i. Esdras met quatre mois à faire le voyage. Esdr. vu, 9.

2. Esdr., ch. i et v. M. Imbert {Muséon, jaiiv. 1889, p. 64, note), a très bien vu que le "lîîn'^U; du livre d'Esdras peut être le -|2N:*^', fils de Joïakin, dans I Chron., m, 18. La paléo{;raphie confirme pleinement cette supposition : un même sigle pouvant donner N'j ou Dw, dans les écritures des derniers siècles avant notre ère (voir les tableau.^ de iM. Euting). l/Àêaaaàpo; de Joscphe est sûrement le môme personnage; son nom sort bien de la forme T22Z'Z\ qui est probablement la vraie. Comp. III Esdr., II, 12, 15, variantes duCod.Alex. L'identification de Zorobabel

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Jérusalem S et, selon une tradition, ce fut Sesbassar qui eut les honneurs de la restauration de la ville et du temple^

Cependant la caravane qui fonda décidément le nouvel ordre de choses fut celle que conduisait Zorobabel, fils de SalathieP et petit-fils de Joïakin, concurremment avec Josué fils de Josadaq, le chef des Aharonides ou Sadokites, petit-fils du prêtre Seraïah, mis à mort par Nabuchodonosor*. Zorobabel était agréé par l'autorité perse. Il avait le titre persan depé/ia^ ou de tirsata^, Josué fils de Josadaq lui était bien supérieur en capacité. On pouvait

et de Seshassar est tout à fait impossible. Dans le document où il est question de Sesbassar, il est question de Zorobabel comme d'un personnage différent (Esdr., v, 2).

1. Il est difficile de ne pas voir, dans les deux versions contradictoires conservées par le dernier rédacteur du livre d'Esdras, une trace de rivalité entre les deux traditions sur la priorité de l'œuvre de restauration.

2. Les six premiers chapitres d'Esdras sont composés de deux documents, l'un sérieux, s'étendant de ii, 1, à iv, 5, puis de vi, 13, à VI, 22; — l'autre, presque sans valeur et plein de correspondances apocryphes, comprenant le ch. i, et ensuite ce qui s'étend depuis iv, 6, jusqu'à vi, 12. Ces questions seront reprises dans notre t. IV.

3. I Chron., m, 17-19, est sûrement troublé. i, 1 Chron., v, 41.

5. Aggée, I, 1. U;ii, 2,21. Peut-être n'eut-il ce titre que plus tard.

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