‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 2)Chapitre 60 sur 348 · Voir t. I. p · texte numérisé non relu

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2. Pour les difficultés chronologiques résultant de II Rois, XVIII, 13; Isaïe, xxxvi, 1, voir Dillmann, Der Proph.Jes.y p.3i2- 313. L'hypothèse qui substitue Sargon à Sennachérib est sujette à de trop graves difficultés.

[701 av. J.-C] LE ROYAUME DE JUDA SEUL. 101

Ramsés II, écrasa toutes les petites royautés^ phéniciennes, Tyr exceptée, ne fut arrêté que devant Ékron. Là il rencoHtra une première armée égyptienne, qu'il mit en pièces; il prit la ville, et tourna toutes ses forces contre Lakis, au sud du pays des Philistins.

Comment Ézéchias, qui avait trempé dans la ligue contre l'Assyrie, ne joignit-il pas ses forces à celles de l'Egypte et des villes philistines, pour arrêter Sennachérib à Ékron? Ce fut là, sans doute, une des suites de l'indécision que la turbulence des prophètes faisait régner dans les conseils du roi de Jérusalem. Isaïe n'était pas assez fort pour empêcher les patriotes israélites de se tourner vers l'Egypte et l'Ethiopie; mais son éternelle déclamation contre les précautions humaines et contre tout ce qui ressemblait à une politique de prévoyance, paralysait ce qu'aurait pu faire Ézéchias. Le bon sens naturel du roi et sa piété se neutralisaient.

L'armée assyrienne ravagea la Judée d'une effroyable manière ^ L'émotion à Jérusalem fut extrême. Aucun préparatif n'avait été fait pour résister. Le mur de la citadelle était plein de brèches; on n'avait pas pris de mesures pour sou-

1. II Rois, XVIII, 13 et suiv., 27; xix, 29 et suiv. Schrader, Die Keil.j p. 285 et suiv. ; Maspero, Hist. anc.y p. 433 et suiv.

102 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [701 av. J.-C]

straire rapprovisionnement d'eau à rennemi^ Le& prophètes eussent vu dans ces précautions une sorte d'injure à lahvé. A ceux qui parlaient de chevaux, de chars de guerre, ils répondaient par leur éternel refrain : « Ceux-ci espèrent dans les chevaux, ceux-là dans les chars; nous, nous espérons dans le nom de lahvé ^ »

Quand la terreur était trop forte, de courts oracles circulaient, annonçant que lahvé avait résolu de détruire Tannée d'Assyrie en Palestine même^.

lAHVÉ A JURÉ CECI :

Oui, ce que j'ai résolu arrivera, Ce que j'ai décrété s'accomplira.

J'écraserai Assur en ma terre, Sur mes montagnes je le broierai.

Et son joug disparaîtra de dessus les hommes, Son fardeau de dessus leur épaule.

Voilà le décret décrété sur toute la terre. Voilà la main étendue sur toutes les nations.

Quand lahvé Sebaoth a décrété, qui peut empêcher? Sa main étendue, qui peut la ramener?

Les manifestes — nous dirions aujourd'hui les articles — d'Isaïe, à ce moment solennel, se suc-

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