‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 134 sur 274 · Par exemple, Krummacher · texte numérisé non relu

Par exemple, Krummacher

dienne, sous le règne d'un despote imbécile, qui tue sans rime ni raison, et se laisse tout dire, faisait un joli cadre aux fabliaux par lesquels Israël vieilli justifiait la loi commune que toute littérature finit par le roman.

La Bible, à partir de l'an 400 à peu près, se compose donc de deux séries fermées, à chacune desquelles on n'admet pas que rien désormais puisse être ajouté, la Thora et les Nebiim. Une seconde série, au contraire, reste toujours ouverte, c'est celle des Ketoubim ou Hagiographes. Là étaient les Proverbes, Job, le Cantique, les Lamentations, et si l'on veut, les Psaumes. Cette série s'augmentera encore d'écrits très importants.

On copiait à cette époque bien plus qu'autrefois, et en copiant on altérait. L'écriture était mauvaise. Les habitudes araméennes, bien plus cursives*, dominaient. Une foule de lettres arrivaient à se confondre ; les d et les r, en particulier, ne se distinguaient plus les uns des autres. Les livres d'Esdras, de Néhémie, des Psaumes, sont des tissus de fautes, et une paléographie attentive peut seule donner la clef des énigmes qu'ils présentent presque à chaque ligne.

1. Voir les papyrus araméens de l'époque acliéménide. Corpus inscr. semit., 2° partie, n°' 144 et suiv.

En copiant, aussi, on interpolait. Car les copistes n*étaient pas des gens de métier, reproduisant machinalement les textes. Ainsi un écrivain, dont il semble que nous ayons un psaume*, crut donner une conclusion au livre de Job en y insérant le faible discours d^Élihou'. Il ne conclut rien du tout. Ce sont les mêmes idées, mais vieillies, ratatinées, c'est un affreux rabâchage tournant dans un cercle très étroit, comme les images d'un rêve, frappant toujours le même point des parois du cerveau. Beaucoup de livres bibliques ont été déparés de la sorte.

Quant aux endroits où les gloses et les variantes ont passé dans le texte, ils sont pour ainsi dire innombrables. Les variantes étaient entassées au bas des pages, sans réclame bien nette qui les rattachât au passage qu'elles concernaient. Les copistes postérieurs les transcrivirent à la file les unes des autres et les introduisirent en paquet dans le texte. C'est ainsi qu'on trouve dans quelques psaumes des phrases entières composées avec les variantes d'autres psaumes, comme si on réunissait toutes les gloses qui sont au bas d'une page

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