Eckel, part. I, t. III, p. 330, 528 et suiv
non équivoques l'influence du génie et de l'art grec \
Ce qu'il y eut de plus surprenant, en effet, dans la conquête grecque, ce fut la profondeur des traces qu'elle laissa. Ce ne fut pas une promenade éphémère, comme furent trop souvent les campagnes de Napoléon. Les conséquences en furent éternelles ; on peut les comparer à celles de la conquête romaine. Les divisions qui suivirent la mort d'Alexandre, opposées à la majestueuse unité de l'empire romain, empêchent de voir les transformations opérées à la suite de l'expédition macédonienne. Aujourd'hui encore, l'Église grecque hérite de cette suprématie. Ses titres remontent à Alexandre, comme ceux de l'Église latine aux conquérants romains.
S'il fallait en croire Josèphe% Alexandre, après le siège de Gaza, aurait visité Jérusalem, rendu des honneurs particuliers au grand-prêtre, qui lui aurait montré les passages de Daniel qui le concernaient, sacrifié dans le temple, etc. C'est là un
1. Lassen, ^Yilson, Senart, Weber, Sylvain Lévi. Il ne faut pourtant pas exagérer les induences que la Grèce aurait exercées sur l'art et la littérature de l'Inde.
2. Jos., Ant.y XI, VIII, 3-6. Pour les traditions talraudiques (sans valeur), voir Derenbourg, Palestine^ p. 42-^^.
roman, qu'il soit ou non de l'invention de Josèphe *. Alexandre, selon toutes les vraisemblances, ne se détourna pas de sa route, et ne monta pas à Jérusalem. Josèphe veut que beaucoup de Juifs se soient engagés dans l'armée d'Alexandre et aient pris part à ses expéditions; ce qui leur valut, dans les villes de fondation nouvelle, des privilèges égaux à ceux des Macédoniens et des libertés pour les pratiques de leur culte les plus difficiles à concilier avec le droit commun. Cela est aussi bien peu vraisemblable. Les Juifs qui auraient embrassé cette vie endiablée eussent été bien peu dans l'esprit général de leur race^ On ne joue pas sa vie, quand on y attache tant de prix. Ce que dit Josèphe de renforts samaritains semble avoir un peu plus de solidité ^ Les Samaritains avaient des habitudes militaires que les Juifs n'avaient pas. Quoi qu'il en soit, en 332, commença la domination grecque à Jérusalem. Le premier gouverneur de la Syrie fut Audromaque, qui fut tué par
1. La mention du livre de Daniel suppose, en tout cas, au récit une origine bien moderne.