‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 175 sur 274 · Jos., Contre Apîon · texte numérisé non relu

Jos., Contre Apîon

Pythagore jouissait d'une si grande considération dans Topinion philosophique d'alors qu'on tenait fort à ce qu'il eût connu les Juifs et les eût imités. On prétendait que des éléments essentiels de sa belle doctrine venaient des Juifs. L'historien Hermippe, auteur d'une biographie de Pythagore vers 225, avait déjà fait, dit-on, de pareils rapprochements *. Mais cela est bien douteux, quoique le peu de critique du temps permette de penser que les païens eux-mêmes s'en tinrent, en pareille matière, à des ressemblances bien superficielles.

S'il fallait en croire les apologistes chrétiens, il aurait existé sous Philométor un savant juif, attaché à l'école péripatéticienne, nommé Aristobule, qui aurait adressé à ce roi une Explication des écrits de Moïse. Les prétentions juives y étaient portées à leur comble-. La philosophie péripatétique venait tout entière de Moïse. Bien avant Alexandre, même avant les Perses, il y avait eu des traductions des livres saints ; Pythagore, Socrate, Platon les avaient connus et y avaient fait des

4. Jos., Contre Apion, I, 22; Ong., Contre Celse, I, 15. Peutêtre les mots 'lou^aitov )cal sont-ils une addition de quelque Juif. Joscphe dut se servir de volumes lus et annotés avant lui par des Juifs.

2. Clem. Alex., Strom., I, xv, xxii; V, xiv; VI, iii; Eusèhe, Prœp. ev.y VIII, ix-x; XIII, xii; Hist. eccL, VII, xxxii, 17-18.

emprunts. Platon, en particulier, avait imité Moïse dans sa République. Homère et Hésiode lui doivent aussi beaucoup. Aristobule aurait pratiqué Texégèse générale des Juifs hellénistes qui consistait à prévenir par des explications allégoriques les objections tirées des anthropomorphismes de la Bible. Quand il est écrit ce Dieu dit et telle chose fut », cela signifie que la force divine s'exerça, comme renseignent les philosophes grecs, et Orphée, et Aratus. Les six jours de la création et le repos de Dieu qui les suit sont également des symboles. Ces thèses ne sont pas en dehors de la critique et de Texégèse des Juifs alexandrins du temps de Philométor; mais Tauthenticité de l'ouvrage d'Aristobule soufFre des difficultés capitales* ; nous le considérons comme un écrit apocryphe, composé au second siècle de notre ère, vers le temps de saint Justin et de Tatien. Les assertions de l'auteur ne sont pas naïves; elles sont charlatanesques et sottes comme celles d'ilrtapan. W savait bien que Platon, Homère, Hésiode n'ont pas copié la Bible; il écrivait cela pour des ignorants, à qui il espérait jeter de la poudre aux yeux^

1. Aristobule cite la Xocpiz ^xK. (cf. Delaunay, Philon, p. 45, note 1); or la Sccpîa est de la fin du ir s. av. J.-C.

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