‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 176 sur 274 · Clément d'Alexandrie est le premier à citer l'ouvrage · texte numérisé non relu

Clément d'Alexandrie est le premier à citer l'ouvrage

L'exégèse allégorique dont Técole d'Alexandrie abusa si étrangement n'était aussi à sa manière qu'un vaste mensonge bona fide. Pour prévenir les sourires avec lesquels le rationalisme hellénique accueillait certains traits de la naïveté grandiose des anciens textes hébreux, on se hâtait de dire : Non, ce n'est pas arrivé; ce sont là des images, des métaphores. Les innombrables passages où lahvé agit d'une façon anthropomorphique furent expliqués, contournés; on les présenta comme des symboles, des particularités d'ancien style figuré. Tous les apologistes se ressemblent. N'est-ce pas au moyen d'allégories enfantines que l'apologétique de notre temps cherche à échapper à la pression du bon sens ou plutôt à la force du passé

d'AristobuIe. Il est surprenant au plus haut degré que Josèphe et saint Justin n'aient pas connu un tel livre. Les fables du Pseudo-Aristéas, en particulier la part que Démétrius de Phalère aurait prise à la traduction grecque de la Bible, sont mentionnées par l'auteur. Toutes ses citations se retrouvent ailleurs chez les apologistes, et en meilleur état (voir surtout Schiirer, II, p. 814). La dédicace à Ptolémée Philométor est d'une souveraine invraisemblance; la fausseté des allégations et des citations était trop facile à vérifier; de telles œuvres n'ont pu se produire que dans un cercle littéraire très bas et où les plus grandes inepties se donnaient libre carrière. Le faussaire, dans le choix du nom de son auteur fictif, a pu avoir en vue l'Aristobule, <l précepteur de Ptolémée », qui figure dans II Macch., l, 10 (cf. Eusèbc, Prxp, ev.y VIII, IX).

théologique? Ces Églises orgueilleuses ont autrefois brûlé les penseurs qui essayaient par ces pauvres échappatoires de parer à Timpossibilité de l'exégèse courante; aujourd'hui aux abois, elles recourent à ces mômes expédients pour lesquels elles se sont montrées autrefois sans pitié. Ainsi va le monde; mais, au travers des absurdités qui s'usent, la pauvre raison, qui ne laisse rien perdre, s'avance toujours.

Page 1