Act., XYii
qui exprimaient une pensée élevée. Plus ou moins complètement fabriqués sont les vers qu'on prêta à Eschyle, Sophocle, Euripide , Philémon, Ménandre, Diphile, Orphée, Hésiode, Homère,Linus*. On suppose, non sans vraisemblance, que presque toutes ces mystifications proviennent du pscudo-Hécatée\ Le poème qu'on mit sous le nom d'Orphée ne manque pas d'une certaine beauté. Orphée, arrivé à la fin de sa carrière, fait une sorte de confession à son fils Musée : il rétracte toutes ses poésies antérieures, consacrées au polythéisme, et proclame le seul vrai Dieu. Linus, dans une pièce qui lui fut attribuée , professait aussi de très beaux sentiments*'. L'ancien poète gnomique Phocylide de Milet jouissait, dans l'ordre des préceptes moraux, d'une grande autorité. Un sage d'Alexandrie, un frère spirituel de Jésus fils de Sirach, choisit la forme phocylidienne pour faire un recueil de conseils de morale naturelle, où la part du judaïsme est très
1. Ces vers se rencontrent dans la Cohortatio ad Grxcos et le De monarchia, faussement attribués à saint Justin, dans les Stromates de Clément d'Alexandrie et la Préparation évangélique d'Eusèbe.
2. Schiirer, Gesch. des jûd, Volkes, II, 810-811. Beaucoup de ces vers fabriqués supposent une théorie des fins du monde bien avancée. De monarchia, c. 3 (pseudo-Sophocle).