‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 258 sur 274 · Jos., Ant., XIF, IX · texte numérisé non relu

Jos., Ant., XIF, IX

± II Macch., X, 12 et siiiv.

de la Judée et Texpulsion totale des Syriens. Les Juifs modérés se bornaient à demander qu'on revînt sur la politique néfaste d*Antiochus Épiphane et qu*on accordât aux Juifs le droit de vivre selon leur loi religieuse. Comme les Syriens éclairés étaient juste du même avis, l'entente devenait possible et, pendant que le siège du haram se continuait, il s'établissait des colloques entre les gens modérés des deux côtés. Tout cela se passait, naturellement, tout à fait en dehors de Juda Macchabée.

Une autre raison, d'ailleurs, portait les Syriens à se montrer faciles sur les conditions de la capitulation. Philippe, qu'Antiochus Épiphane mourant avait nommé tuteur de son fils, réclamait ses droits et marchait sur Antioche. Lysias désirait vivement être libre de se tourner vers le Nord. Il alléguait la nécessité de ne pas exaspérer une nation dont il était sage de se faire une alliée. Les Juifs hellénistes, les Juifs modérés, les renégats qui osaient sortir d'Akra, l'entouraient et se disaient enchantés. La paix fut conclue sur la base de la liberté religieuse. Le culte du temple serait entièrement conforme aux anciens rites; les Juifs en auraient la police. Les Juifs seraient entièrement libres de pratiquer leur Loi selon les coutumes anciennes. Un vrai juste, séparant la religion de la

politique, ne pouvait désirer plus. Le but poursuivi depuis cinq ans était atteint ; tout le monde fut content, excepté les partisans de Juda, qui demandaientunesolutionradicale et avaient probablement aussi quelque visée dynastique ou personnelle *.

Le roi fit détruire les fortifications de Tenceinte du temple; il n'y eut plus qu'une citadelle à Jérusalem; ce fut Akra. Gela mécontenta; on prétendit que le roi ou ceux qui gouvernaient pour lui avaient juré, avant d'entrer dans l'enceinte, qu'ils ne toucheraient pas aux murs.

La question du grand-prêtre, était une des plus délicates à résoudre. L'odieux Ménélas, sorte de Gobel prêt h. toutes abjurations, vivait toujours et avait le titre officiel. Il était également mal vu des Juifs et des Syriens, et Lysias disait hautement qu'il fallait se défaire de lui. Pendant la dictature de Juda Macchabée, qui remplit en réalité au temple les fonctions de grand-prêtre? Il n'est pas facile de le savoir. Le fils du pieux Onias III ne fut jamais grand-prêtre à Jérusalem". Juda Macchabée, quoi-

1. Naturellement, pour voir le vrai en ces affaires, il faut rectifier les grossiers partis pris des historiens juifs. Nous sommes devant ces événements comme si nous ne connaissions les guerres de la Vendée que par des récits vendéens.

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