‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 265 sur 274 · I Macch., IX, 23. Cf. Ps. xcii · texte numérisé non relu

I Macch., IX, 23. Cf. Ps. xcii

rhistorien juif est la meilleure preuve de la forte réaction qui s'opéra contre les fanatiques après la mort de Juda Macchabée. Les hellénistes et les modérés, ceux qu'on appelait les gens sans loi% se rendirent maîtres sur toute la ligne. Bacchide et Alcimus gouvernèrent avec eux et furent très durs pour les survivants du parti de Juda. On employait contre eux tous les moyens de la persécution, de rironie. Le nom de Bacchide fut presque aussi exécré que celui d'Antiochus. Les fanatiques oubliaient que, s'ils eussent été au pouvoir, ils eussent fait bien pis. On a toujours tort de persécuter les fanatiques; mais on a raison presque toujours quand ils ne sont pas contents. Pour nous, c'est un signe : quand les fanatiques sont furieux, c'est que la machine de l'État va bien, l'Étal et la liberté ne pouvant déchoir si les fanatiques sont tenus en respect.

Bacchide voulait avant tout éviter le retour des expéditions en rase campagne où Juda s'était montré maître. Il fit fortifier beaucoup de villes, Jéricho, Emmaûs, Béthoron, Béthel, Bethsour, Gézer; les approvisionnements furent renouvelés ; partout il mit des garnisons. La citadelle d'Akra

1. ÂvojAoï. C'est le nom que les judéo-chrétiens donnèrent plus tard aux disciples de saint Paul.

fut agrandie. On y gardait comme otages les fils des Juifs notables sur la fidélité desquels on avait besoin de garanties. Pour la première fois depuis la révolte, le pays était repris, sérieusement réoccupé par le gouvernement syrien.

Alcimus eut une très bonne idée, c'était de faire ce que Jésus fit spirituellement plus tard, démolir le mur de l'enceinte sacrée qui séparait les Juifs des païens. Cela fut trouvé épouvantable, subversif des prophètes et de la Thora. Le pontife prévaricateur, parce qu'il était tolérant, fut frappé de paralysie sur ces entrefaites (mai 160*). Ce fui la punition de son attentat, les ennemis des cléricaux n'ayant pas le droit de mourir sans que le ciel s'en mêle.

Alcimus, en tout cas, n'eut pas de successeur"; pendant sept ans, au moins, le grand-pontificat resta vacant. Les partis tolérants sont souvent timides dans les choses religieuses. Les Juifs hellénistes, maîtres de la situation, se passaient de pontife sans trop de chagrin, et n'avaient probablement pas sous la main de personne qui remplît les conditions assez serrées du pontificat. Ce fut

1. I Macch., IX, 54 et suiv. Erreur de Josèphe, Ant., XII, x, 6. Comp. XX, X, 1.

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