TRIOMPHE DU GRAND-PRÊTRE SUR LE NASI
Pendant quinze ou vingt ans, Zorobabel paraît avoir exercé les pouvoirs de nasi d'Israël^ et de péha ou gouverneur persan de Jérusalem, sans trop de difficultés. Haggaï ou Aggée, en 520, le met sur le même pied que le grand-prêtre Josua fils de Josadaq, et même lui donne toujours la première place. Dans son dernier manifeste, il annonce qu'au milieu des bouleversements d'empires qui vont avoir lieu, Zorobabel surnagerai Dieu l'a pris, l'a fait passer à son doigt comme un anneau sigillaire, c'est-k-dire comme la chose la plus personnelle et la plus intime qu'il y ait. Zorobabel est ainsi l'élu de
l. Sur la conception du nasi cVIsraël, à cette époque, voir Ézéchiel, xii,xlv,xlvl :2. Aggée, II, 20-^3. Cf. Sirach, xlix, 11 et suiv.
Dieu, qui l'a choisi pour gouverner son peuple. Une autre pièce nous a conservé l'expression fidèle des sentiments légitimistes qui vivaient encore dans le cœur de plusieurs Hiérosolymites \
lahvé, souviens-loi de David
Et de toute la piété qu'il montra-, Du serment qu'il fit à lahvé,
Du vœu qu'il fit au Fort de Jacob :
« Si j'entre dans la tente qui me sert de maison,
Si je monte sur le lit qui me sert de couche ; Si je donne le sommeil à mes yeux,
Et à mes paupières le repos, Avant que j'aie trouvé un lieu pour lahvé,
Vne demeure pour le Fort de Jacob ! . . . Cette place, nous disait-on, est enÉphraïm^^;
Nous l'avions admise quelque temps aux champs de laar'i. Non ; sa demeure sera chez nous, nous y entrerons ;
Nous nous prosternerons au socle de ses pieds. Lève-toi, lahvé, vers ton lieu de repos,
Toi et l'arche de ta puissance.
1. Ps. cxxxii. Cf. I Rois, XI, 3i et suiv. Une chose bien singulière, c'est que le Ps. cxxxi, qui précède immédiatement, est attribué par la version syriaque à Josua fils de Josadaq. La version syriaque fut faite sur un manuscrit hébreu qui renfermait de précieuses choses que le texte traditionnel n'a plus (Sirach). Cf. Il Cliron., VI, 4.1-42; en général, ce qui concerne le second temple y est transféré au premier. Parallélisme de pij: et i?^"' (v, 9, 16), caractéristique du Deutéro-Isaïe.