‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 85 sur 274 · Voir t. 111, p. 63 et suiv · texte numérisé non relu

Voir t. 111, p. 63 et suiv

La fusion de tout cela en un seul corps de Pandectes semble avoir été postérieure à la restauration du culte. La première restauration de Zorobabel et de Josua fils de Josadaq se fit dans des conditions de grande faiblesse littéraire. Le sofer ou scribe paraît y avoir eu peu de part. La restauration de Néhémie [ou d'Esdras], au contraire, est bien une œuvre de soferim ou mebinm. Autant qu'il est permis d'entrevoir l'état des textes que possédait Néhémie ou Esdras, il ne semble pas qu'à l'origine ils connussent le Pentateuque tel que nous l'avons. Mais durant leur séjour à Jérusalem, ils ne durent pas rester oisifs. Il est parfaitement admissible que les différentes parties de l'Hexateuque se soient à ce moment agglutinées d'une façon définitive. Le conglomérat formé, selon nous, sous Ézéchias et grossi du Deutéronome sous Josias, se doubla presque par l'addition d'une foule de lois, écrites à diverses époques et provenant de sources multiples. Les essais théoriques d'Ezéchiel et de son école s'y fondirent. De là, ce fait important que le code sacerdotal et lévilique n'a pas d'unité comme le Deutéronome. Seul, le petit code ézéchiélique (Lévit., xviii-xxvi) resta comme un caillou roulé, que les mouvements ultérieurs ne décomposèrent pas.

En ce qui concerne les lois, l'œuvre d'insertion et de compilation était facile, vu le peu de souci qu'on avait alors d'un ordre méthodique; en ce qui concerne les faits de la vie de Moïse, l'opération fut plus délicate *. On dut procéder, pour les fusions nouvelles, comme déjà, sous Ézéchias, on avait procédé pour la fusion des deux textes jéhoviste et élohiste. Le cas le plus remarquable est celui de la fusion de l'ancien récit sur la révolte de Datan et d'Abiram avec le récit sur la révolte de Coré, qui ne se trouvait que dans les nouvelles Vies de Moïse. Rien n'égale la grossièreté avec laquelle se fit l'opération ^ Pour l'épisode de Balaam et celui des filles de Selofhad, au contraire, on procéda

1. Beaucoup d'épisodes d'origine lévitique de TExode et des Nombres s^expliqueraient soit par une Vie de Moïse composée vers 500 avant J.-C, au sens lévitique et sacerdotal, soit par une interpolation au sens lévitique et sacerdotal de l'ancien élohiste. En général, la manière de l'interpolateur lévitique offre les plus grandes analogies avec celle de l'éloliiste (voir, en particulier, tout ce qui concerne la manne). Mais il faudrait admettre alors que la combination du jéhoviste et de l'ancien élohiste a eu lieu au V" siècle. Or, je maintiens que c'est là un fait du temps d'Ézéchias. Passé la captivité, on ne toucha plus aux histoires patriarcales, et il est probable que les additions au vieux texte de l'histoire mosaïque se firent par interpolations, non par intercalation de pages d'un autre ouvrage.

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