‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 96 sur 274 · IV · texte numérisé non relu

IV

homme. G^était le contraire de la direction des prophètes. Le sort d'Israël était jeté : il devait porter dans son sein deux courants magnétiques opposés, dont les prédominances alternatives devaient faire toute son histoire. La Thora remporta sous le nom d'Esdras une victoire complète. Esdras est la personnification du pharisaïsme, dans le sens propre du mot. Le vrai juif est à ses yeux un nibdal, un «: séparé » , ou, ce qui revient au même, un pherous ou (chald.) pheris\ Le pheris devint ainsi le parfait Israélite, l'homme pur, qui tourne le dos à toutes les corruptions, assuré d'être le favori de lahvé. Un dévot de ce genre ne peut se consoler de ne pas régner dans le monde que par un immense orgueil intérieur. Jésus, dans cinq cents ans, viendra donner sa revanche à l'esprit prophétique; les premiers documents chrétiens^ présenteront le pharisaïsme comme la perversion de la religion et du sens moral.

Le Second-Isaïe avait espéré tout autre chose. Sa Jérusalem, ouverte jour et nuit pour recevoir les peuples, n'avait rien de commun avec cette petite Jérusalem fermée, où l'on ne peut entrer qu'avec

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