‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 98 sur 274 · LE BIGOTISME · texte numérisé non relu

LE BIGOTISME

Comme il est clair que le monde païen ne s'attachera pas aux pans de Thabit d'un Juif pour venir à un culte qui Texclut et l'injurie, on sent bien que la victoire en Israël sera un jour à celui qui, comme Jésus, suivra le Grand Anonyme et prendra juste le contre-pied de Néhémie. Mais, dans l'histoire d'une grande révolution, on doit faire la part des conservateurs. Sans eux rien de solide. Le but final de la France, c'est la révolution. Ceux qui ont contribué à faire la France, même quand ils ont été les moins révolutionnaires des hommes, ont travaillé pour la révolution.

Toutes les vexations des piétistes, on Ta vu, se faisaient au nom du roi de Perse, c'est-à-dire au nom d'une autorité dont on disait d'ailleurs tout le

mal possibles C'est là une pratique ordinaire aux cléricaux. Toujours frondeurs ou se donnant des airs de victimes, quand ils parlent de TÉtat laïque, ils se retrouvent sujets loyaux et particulièrement fidèles, le jour où il s'agit d'obtenir contre les libéraux des mesures d'intolérance. La surveillance réciproque, l'espionnage dévot, tant d'autres vilaines habitudes dont le christianisme, en ses parties fanatiques, ne s'est pas toujours assez gardé, Néhémie en a également donné le premier exemple. Ce contemporain de Périclès fut le premier jésuite, le plus dangereux des jésuites. Platon, qui n'entendit jamais parler de lui, a tracé son portrait dans VEuthydème^ si ce dialogue est de Platon. Euthydème n'est pas un prêtre ; c'est un laïque fanatique. Néhémie, non plus, n'est pas un prêtre. Esdras, selon la tradition fictive qui se forma sur lui, ne fut qu'un sopher. Les prêtres, surtout la famille pontificale, appartenant à l'aristocratie et recherchant les mariages riches, étaient les plus portés de la nation vers les alliances avec ces familles puissantes, iahvéistes à l'ancienne manière, qui avaient leur centre à Samarie. Dans le judaïsme, comme dans le protes-

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