‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 3)Chapitre 99 sur 274 · Esdras, vu, 25-26; Néh., ix · texte numérisé non relu

Esdras, vu, 25-26; Néh., ix

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tantisme, le fanatisme vient des laïques ; les réformes rigoristes sont imposées aux prêtres, qui marchent docilement sous la férule des pieux laïques. On ne cite pas le nom d'un seul cohen juif qui ait joué un rôle important. Le cohen d'Israël n'a jamais été réformateur; mais sa mollesse a favorisé toutes les réformes. Rien de plus dangereux, en un sens, que le prêtre épicurien et mécréant. Pour sauver son repos, il laisse passer tous les fanatismes. Un des plus terribles accès de fièvre religieuse s'est produit sous le sceptique Léon X. L'incrédule cour de Rome a tenu les cierges à l'avènement de toutes les folies, à peu près comme les prêtres qui sonnaient de la trompette aux processions de Néhémie.

Nous avons plusieurs fois fait remarquer que les diverses lois, dites mosaïques, ne furent jamais des lois réelles dans les anciens royaumes d'Israël et de Juda. Sous la domination perse, elles commencèrent d'être appliquées en Judée par l'autorité gouvernementale. Néhémie nous en offre le premier exemple. Mais tout cela est bien intermittent encore. La Thora ne sera pratiquée avec l'appui du pouvoir civil que du temps des Asmonéens, dans deux cent cinquante ans. Jusque-là l'observation de la Thora n'a pour sanction que la

LA JUDÉE SOUS LA DOMINATIOiN PERSE. 135

conviction personnelle et une opinion publique extrêmement sévère. La situation était à peu près celle où se trouvent les musulmans en Algérie, sous la domination française. Le péha persan ne se mettait pas au service de la loi théocratique, bien que chacun de ses administrés l'observât comme loi morale et s'y assujettît, dans les matières mixtes, comme à un statut personnel. Il en résultait des gênes terribles, des pénalités souvent atroces ; pour les éviter, beaucoup de Juifs s'exilaient volontairement .

Ce qui est frappant, en effet, c'est l'analogie de ces anciens Juifs avec les musulmans. De part et d'autre, c'est la même incapacité de discerner entre la société religieuse et la société civile, la même intolérance, la même affectation de tenue austère, devant nécessairement dégénérer en hypocrisie. Les femmes, comme chez les musulmans, se tenaient absolument en dehors du mouvement. Il en revint peu deBabylonie,et les odieuses mesures provoquées par les fanatiques durent créer de terribles haines féminines contre le piétisme nouveau. Ces sortes de religions sémitiques, sur le type du judaïsme et de l'islam, sont exclusive-

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