‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 4)Chapitre 112 sur 334 · DÉCADENCE POLITIQUE D'ISRAËL · texte numérisé non relu

DÉCADENCE POLITIQUE D'ISRAËL

Un extrême abaissement fut l'effet de la coupure en deux États rivaux d'un royaume déjà fort petit par lui-même1. Tous les progrès matériels accomplis sous les règnes de David et de Salomon furent perdus. L'influence extérieure d'Israël se trouva presque anéantie; sa force défensive elle-même fut très affaiblie. Si une alliance durable avait

1. La date de la scission des deux royaumes est fort indécise. On peut la placer entre 975 et 950 avant Jésus-Christ. Voy. Duncker, Gesch. des Alterthums, II (5e édit.), p. 87, note, et p. 180, note.

19B HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [955 uv. J.-C.]

pu exister entre les deux fractions du peuple, le mal eût été beaucoup moindre; mais la guerre des deux royaumes devint un état habituel. Les règnes de Roboam et de Jéroboam, en particulier, furent une sorte de bataille continue entre ces deux princes1. Les Philistins, gagnés autant que domptés par David, ne furent plus, il est vrai, pour les Israélites, un fléau aussi terrible qu'ils l'avaient été autrefois. Mais les Araméens, l'Egypte, l'Assyrie, broyèrent successivement un pays qu'aucune institution politique ni militaire ne protégeait plus. La cause qui avait porté les tribus d'Israël à se séparer du royaume centralisé à Jérusalem avait été le goût dominant de l'ancienne vie libre. Nous avons eu souvent l'occasion de remarquer que l'esprit de tribu, les habitudes de la vie nomade et patriarcale étaient vivaces encore en Joseph. Cet esprit ne se prêtait à aucune grande organisation ni civile, ni militaire, ni religieuse. Aussi les cinquante premières années du royaume séparé d'Israël ressemblent-elles tout à fait aux siècles des Juges. Pas de capitale ni de ville importante, pas de sultanat pompeux, desservi par des fonctionnaires, pas de finances, pas de temple central. Le

i. I Rois, xiv, 19, 30 ; xv, 6 ; II Chron., xn, 15.

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mouvement de séparation des tribus s'était prononcé à Sichem. Jéroboam continua d'y demeurer. Éphraïm, sa tribu, fut, dans le royaume du Nord, ce que Juda avait été pour le Sud. Jéroboam fit quelques constructions à Sichem, mais rien qui approchât des ouvrages de Jérusalem. Il fortifia Phanuël ou Penouël, en Galaad, peut-être pour tenir ces contrées. Les tribus transjordaniennes, en effet, longtemps alliées de Juda, étaient comme suspendues entre les deux royaumes. Peut-être, vers la fin de sa vie, Jéroboam résidait-il déjà à Thirsa1. Cette petite ville, qui fut, pendant une cinquantaine d'années, la capitale du royaume d'Israël, était si peu de chose,, qu'on ne sait pas au juste où elle était située. On la place par conjecture à Thalusa, à une ou deux lieues au nord-nord-est de Sichem.

Le temple de Jérusalem n'était achevé que depuis quelques années, et il n'avait pas, à cette époque, le prestige qu'il eut plus tard. Jéroboam ne crut donc nullement commettre un crime religieux en réglant, hors de Jérusalem, les lieux de culte de son royaume. Jéroboam était adorateur de Iahvé; mais sa théologie n'allait pas loin. Il tint conseil; on lui persuada d'élever deux

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