Mythes de Béthel
[930 av. J.-C. ] L E S D E lî X R 0 Y A U M E S. -21 !»
le sauvage est, à cet égard, un chapitre incomparable, le chef-d'œuvre de l'ethnographie {. L'opposition de l'homme sédentaire et du chasseur 2, le besoin final qu'a le chasseur, malgré ses superbes captures, de recourir à l'homme de la tente, l'idée que tous les chasseurs mourraient de faim, s'il n'y avait pas des gens tranquilles pour leur préparer un plat de lentilles, le triomphe final du paisible végétarien sur le Carnivore ne sauraient être plus parfaitement exprimés. Déjà se dessine en Israël un trait décisif, le goût d'une vie réglée, l'assurance que l'homme pacifique finira par l'emporter sur le brutal. L'antipathie contre l'esprit militaire est sensible. Jacob est d'une couardise avouée; son amour du gain n'est nullement blâmé, et cet amour va parfois jusqu'à de petites coquineries 3. Joseph fait admirablement son chemin comme bon intendant et bon employé.
Et tout cela est clair, analysé en quelque sorte. Le mythe, qui, chez les Grecs, se montre à nous tout formé et par conséquent obscur, nous apparaît ici dans sa formation môme. Le narrateur primitif