II Chron., xvi
[910 av. J.-C] LES DEUX R 0 Y A l M E S. 245
Baésa, le tua, pendant qu'il faisait le siège de la ville philistine de Gibbeton. Ce Baésa extermina ensuite toute la famille de Jéroboam, et fut proclamé roi d'Israël à Thirsa. Il régna vingt-quatre ans.
L'état religieux des tribus du Nord continuait d'être un iahvéisme n'excluant ni les images, ni l'adoration de Dieu sous des noms divers, ni les superstitions impures du culte d'Astarté. Mais le monothéisme est quelque chose d'absolu , qui pousse toujours aux dernières conséquences. Les prophètes ne cessaient de prêcher un iahvéisme plus pur que celui dont se contentait la foule. Jéhufils de Hanani, relevant le rôle d'Ahiah le Silonite, passe pour avoir joué, sous Baésa, un rôle analogue à celui d'Élie et d'Elisée sous Achab l .
Asa et Baésa ne cessèrent de se faire la guerre. La cause de leurs luttes fut Rama, à deux lieues de Jérusalem et très près de la frontière des deux royaumes. Baésa s'en étant emparé, la fortifia, et, comme Rama domine toutes les routes du Nord, Asa se trouvait ainsi serré de très près dans sa capitale.
I. I Rois, xvi, 1 et suiv., 7, 12. Ce qui est dit dans II Chron., xvi, 7 et suiv.; xix, 2; xx, 3i, est tout légendaire et plein de confusions. Hanani et Jéhu-ben-Hanani sont le même personnage.
210 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [910 av. J.-C.|
La force de Baésa était son alliance avec le roi de Damas, Benhadad ' , fils de Tabrimmon, fils de Rézon. Asa prit un singulier parti. Il enleva l'argent et l'or qui, depuis le passage de Sésonq, s'était accumulé dans le temple, surtout par les offrandes de son père et par les siennes ; il y joignit les trésors du palais royal et fit porter le tout à Benhadad, pour qu'il se tournât contre Baésa. Benhadad se laissa gagner, et envahit en ennemi les districts du Nord, Iyyon, Dan, Abel-Beth-Maaka, tout le pays de Nephtali et les environs du lac de Kinneroth. Quand Baésa apprit ces tristes nouvelles, il interrompit les constructions de Rama et se replia sur Thirsa. Asa convoqua alors tous les hommes de Juda; il les conduisit en masse sur Rama; on enleva les pierres et les bois des constructions de Baésa?Jet on les employa à fortifier Géba de Benjamin et Mispa.
Sans les déplorables luttes de Juda et d'Israël, le règne d'Asa eût été assez prospère2. Il couvrit le pays de villes fortifiées 3 ; on voit que ses appréhensions étaient continues et qu'il regardait la paix
1. Maspero, Hist. anc. (4e édit.), p. 362. Cf. Schrader, Die Keil. ' (2o édit.), p. 200 et suiv.
2. II Chron., xiv, 5 et suiv., passage qui manque dans les livres des Rois.