‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 4)Chapitre 138 sur 334 · Amos, i · texte numérisé non relu

Amos, i

[920 av. J.-CJ LES DEUX ROYAUMES. 213

Ce en quoi Àsa et Josaphat se distinguèrent nettement de Salomon, de Roboam et d'Abiam, c'est la guerre constante qu'ils firent aux cultes étrangers. A la tolérance de Salomon, imitée par ses deux successeurs, ils substituèrent un régime de proscription contre ce qui, en fait de pratiques religieuses, n'était pas Israélite pur. Asa poussa, diton, le rigorisme jusqu'à destituer du rang suprême qu'elle occupait sa grand'mère Maaka, la femme préférée de Roboam, à qui son père Abiam avait dû le trône. Cette petite-fille de David *, qui devait être fort âgée, avait conservé les idées des princesses du temps de Salomon. Elle avait chez elle des tiraphim en bois, avec des détails phalliques, qui scandalisaient fort la pruderie des générations nouvelles. Asa sacrifia la vieille princesse indévote au parti piétiste. On abattit à coups de hache l'emblème impur, et on le brûla dans la vallée de Cédron. Les cultes phéniciens furent abolis, les qedésim chassés des lieux qu'ils souillaient de leur présence. On fit la guerre aux idoles, aux cippes sacrés, aux hammanim "2.

J . Voy. t. I", p. 443.

2. Cippes à Baal-Hamon, 'comme on dit chez nous « des vierges, des christs », pour des statuettes de la Vierge, du Christ. Comp. baalim, asérim ou aséroth.

On n'a rien d'historique sur les prophètes du temps d'Àsa. Tout porte à croire qu'ils avaient déjà une grande autorité [, qu'ils allaient même jusqu'à la violence. Plus d'une fois, à ce qu'il semble, le pieux roi fut obligé de sévir contre ses impérieux conseillers 2. Le manque de suite était extrême ; les idées, cependant, se clarifiaient. Malgré des excès, inséparables d'une société enfantine, sans tact ni sentiment des nuances, le petit État judaïte prenait une remarquable solidité. Le souvenir de David grandissait. Sa race était acceptée comme une sorte d'institution sanctionnée par Iahvé luimême.

Le temple était pour la dynastie une sorte de palladium. Cette idée de droit divin, acceptée par les prêtres et les prophètes, écartait les compétiteurs. Pas un seul des chefs militaires n'eût osé songer à détrôner celui qu'on tenait pour oint par Dieu luimême. Nulle révolution n'était possible sous le régime d'une pareille théocratie. — Sous ce rapport, le contraste avec le royaume d'Israël était frappant. L'idée de légitimité, base du royaume de Juda, ne put jamais s'établir en Israël. Nadab, fils de Jéroboam, régna peu de temps. Un Issacharite, nommé

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