‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 4)Chapitre 156 sur 334 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

L Ibid., iv, 21-23.

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avait un tel goût pour la terre palestinienne, qu'on se figurait qu'en transportant de cette terre au loin, on pouvait lui offrir des sacrifices aussi agréables que dans le pays même d'Israël l.

Malgré ces grosses imperfections, inhérentes à sa qualité de dieu national, Iahvé prenait forcément tous les contours de la conscience ethnique qui l'avait adopté; or le trait essentiel de cette conscience ethnique était l'élohisme, le goût pour des dieux censés justes, gouvernant le monde en honnêtes gens. Iahvé, qui avait commencé par être un ^assez méchant dieu , s'était ainsi amélioré avec les siècles. Comme le primitif El-Élion ou Élohim, il en était venu à aimer le bien et à haïr le mal. Le dieu protecteur national devient facilement le Dieu unique ; car il est messéant d'avoir plusieurs protecteurs, et l'adulation, inhérente au culte de dulie, ne sait pas s'arrêter. Quand on a proclamé que le dieu national est le seul vrai Dieu, que les autres dieux ne sont rien à côté de lui, on est bien près de proclamer qu'il est l'El suprême, qui a fait le ciel et la terre. En réalité, ni en Juda, ni en Israël, on ne faisait plus grande différence entre Iahvé et Élohim. Les deux mots étaient deve-

]. II llois, v, 17.

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nus absolument synonymes. On rapportait, en général, la révélation du nom de Iahvé à Moïse; plusieurs voulaient, cependant, que l'emploi de ce mot comme terme d'adoration fût antérieur au déluge et remontât aux origines de l'humanité l. Un très solide monothéisme se constituait ainsi. Non seulement les Élohim se fondaient irrévocablement en un seul être; mais tous ces Élohim, massés et conglutinés ensemble, avaient un nom propre, Iahvé. Élohim était traité comme un singulier2 ; on disait : Élohim bara..., comme on disait Iahvé bara... A supposer que, à une époque plus ancienne, le mot Élohim ou ha-Êlohim eût été construit avec le pluriel 3, les textes écrits n'en pouvaient offrir la trace, puisque la distinction du singulier bara et du pluriel bareou n'avait pas lieu dans l'ancienne orthographe, où aucune voyelle ne s'écrivait.

On s'affermissait ainsi dans l'idée que les événements du monde n'ont qu'une seule cause, la

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