Gen., iv
±. Comp. t. Ier, p. 30. Autre exemple de Elim employé comme singulier en phénicien, dans la nouvelle inscription du Pirée (Revue archéol., janv. 1888, p. 7).
3. Voyez notamment Gen., xvm, xix, où une idée monothéiste a recouvert, plus tard, la pluralité des élohim. Le pluriel a persisté dans Gen., xx, 13.
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volonté d'un être unique qui se mêle de tout, si bien que tout ce qui arrive est exécuté par lui, voulu par lui. Gela est faux assurément. On n'a jamais constaté qu'un être supérieur intervienne dans le mécanisme de l'univers. Mais cette idée d'une providence permanente avait une efficacité morale que ne pouvaient avoir les volontés capricieuses des dieux du paganisme. Et puis la superstition avait infiniment moins de marge avec ce monarque absolu qu'avec d'innombrables petits dieux. Plus tard, c'est par les saints, qui sont des petits dieux à leur manière, que la superstition réussit à se réintroduire dans la religion.
L'Être supérieur, parfaitement unifié, portait dans le gouvernement du monde une unité de plan dont les anciens élohim n'étaient guère capables. L'Histoire sainte prenait, dans les deux parties de la famille de Jacob, une suite, une fermeté extraordinaire. La création du monde en devenait le préambule obligé; la vocation d'Abraham se dessinait avec une précision absolue. Plusieurs préceptes se rattachaient h cet événement capital. Mais ce qui grandissait le plus, c'était Moïse et la légende du Sinaï. Cet épisode devenait la pierre angulaire de la religion. Déjà on s'habituait à rapporter à Moïse toutes les lois fondamentales, toutes les prescrip-
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tions religieuses, tous les rêves théocratiques qu'enfantait le génie national. Le monothéisme, définitivement fondé, engendrait la Thora. Sans être régulièrement écrits, les récits se fixaient en longues laisses orales, permettant à l'imagination créatrice un jeu encore très libre, et offrant de larges pages blanches au goût que les sages d'Israël eurent toujours pour les utopies, pour les codes censés révélés.
Quand il voulait se mettre en rapport avec son peuple, Iahvé se servait surtout du ministère des nabis. L'essence de Iahvé fut toujours d'être un dieu qui rend des oracles. « Chercher Iahvé », avoir recours à Iahvé, était ce qui caractérisait le croyant iahvéiste. Dans les temps anciens, la consultation se faisait par l'énigmatique machine qui répondait urim et tummim. Vurim et tummim avait à peu près disparu depuis Salomon. La croyance aux songes révélateurs s'était affaiblie. Le prophète avait ainsi remplacé presque toutes les antiques façons de tirer les sorts.
C'est ici l'originalité propre d'Israël. Les peuples voisins d'Israël et liés avec lui par la plus évidente fraternité, Édom, Aramon, Moab, eurent certainement des littératures, et il est probable que, vers le temps de David et de Mésa, l'observateur le plus attentif n'eût pas remarqué en Israël une appré-
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ciable supériorité du génie. L'inscription de Mésa I est, à- cet égard, un monument décisif. Mésa et David, quoique séparés par un intervalle de plus d'un siècle, ont absolument les mêmes limites intellectuelles, les mômes idées religieuses, les mêmes tours de langage et d'imagination. Les cantiques, les proverbes, les récits de Moab et d'Édom devaient, vers 900 ans avant Jésus-Christ, peu différer de ceux d'Israël. Le caractère propre d'Israël commence avec les prophètes. Les Édomites, les Moabites, les Ammonites, eurent sûrement des nabis sorciers, comme furent les premiers nabis d'Israël1. Mais ce germe fut chez eux infécond. Une littérature, une religion, une révolution radicale ne sortirent pas de ces nabis non israélites. En Israël, au contraire, les nabis prirent de bonne heure une haute influence morale. La lutte s'établit entre eux et les rois; nous verrons qu'ils l'emportèrent. C'est par le prophétisme qu'Israël occupe une place à part dans l'histoire du monde. La création de -la religion pure a été l'œuvre, non pas des prêtres, mais de libres inspirés. Les cokanim de Jérusalem, de Béthel, n'ont été en rien supérieurs à ceux du reste du monde; souvent même