‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 4)Chapitre 175 sur 334 · L'Esprit [saint], source de l'inspiration des prophètes · texte numérisé non relu

L'Esprit [saint], source de l'inspiration des prophètes

3. Le document primitif contenait sans doute l'anecdote répondant à cette prophétie.

300 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [875 av. J.-C]

donna de saisir Mikaïahou et de le remettre à Amon, le commandant de la ville, et à Joas, grand vizir du roi, avec cet ordre : « Mettez cet homme en prison, et donnez-lui la ration de pain et d'eau qu'on donne en temps de détresse, jusqu'à ce que je revienne en bonne santé. » Et Mikaïahou dit : « Si jamais tu reviens en bonne santé, ce n'est pas Iahvé qui aura parlé par moi *. »

Acliab et Josaphat marchèrent ensemble contre Ramoth-Galaad. Benhadad en voulait particulièrement à Achab, et ordonna à ses trente-deux chefs de char de diriger toutes leurs attaques contre lui. Achab alla au combat déguisé, ce qui faillit faire périr Josaphat, qu'on prit pour lui. Les deux rois montrèrent le plus grand courage; mais, au plus fort de l'action, Achab fut atteint d'une flèche au défaut de la cuirasse. Il n!en resta pas moins debout dans son char2, faisant face aux Araméens. Vers le coucher du soleil, les Israélites faiblirent, le cri

Is el iro, Is el arso.

« Chacun à sa ville ! chacun à sa terre ! » courait dans les rangs. Achab mourut dans la soirée; le

1. La fin du verset 28 dans l'hébreu a été ajoutée pour rattacher ici Michée, i, 2, et identifier les deux prophètes de ce nom.

2. Se figurer celte manière héroïque d'aller en char au combat sur le modèle que les poèmes homériques et l'archéologie grecque nous ont rendu familier.

[875 av. J.-C] LES DEUX ROYAUMES. 301

fond de son char fut trouvé plein de sang. On rapporta son corps à Samarie1. Il avait régné vingtdeux ans, et n'avait que quarante ans2.

Josaphat regagna Jérusalem presque seul. Les prophètes trouvèrent moyen de prouver que l'expédition avait été entreprise malgré leur avis. Le danger de désobéir aux prophètes fut ainsi établi par une nouvelle et terrible leçon.

Achab, tant calomnié par les historiens iahvéistes, fut, en somme, un remarquable souverain, brave, intelligent, modéré, dévoué aux idées de civilisation. Il égala Salomon par l'ouverture d'esprit et la « sagesse ». Il le surpassa par la valeur militaire et par la justesse de ses vues générales. Il bâtit plusieurs villes, développa Samarie, embellit le palais commencé par son père, et construisit la demeure appelée Beth has-seu3, ce la maison d'ivoire », à cause de la profusion qu'on y fit de cette matière précieuse, dans le travail de laquelle les Phéniciens excellaient. Jezraël prit grâce à lui

1. Ce qui suit, v. 38, a été ajouté pour montrer tant bien que mal l'accomplissement de la prophétie d'Élie.

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