Gen., H
4. Nous avons montré (tome Ier) que ce mythe du paradis primitif n'est qu'une rédaction des idées babyloniennes sur le berceau de l'espèce humaine dans la région du bas Ëuphrate.
rUS HISTOIRE DU PEJUPLE D'ISRAËL. [850 av. J.-C.|
Selon notre rédacteur, la création de l'homme a donc lieu à un moment où la terre est encore sans pluie et sans végétation, lahvé plante exprès pour l'homme un jardin qu'il fait arroser par un fleuve divisé en quatre rigoles. L'homme est seul, unique au monde, du sexe masculin, non sujet à la mort.
Et lahvé dit: « Il n'est pas bon que l'homme soit seul; faisons-lui un aide semblable à lui. » Et lahvé forma du sol tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les amena à l'homme pour voir quel nom il leur donnerait, et tous les noms que l'homme leur donna, ce sont leurs noms. Et l'homme donna des noms à toutes les bêtes et à tous les oiseaux du ciel et à tous les animaux des champs ; mais, en tout cela, ne se trouva pas pour l'homme un aide semblable à lui. Et lahvé fit tomber un sommeil profond * sur l'homme, et il s'endormit, et lahvé prit une de ses côtes et boucha le trou avec de la chair. Et lahvé bâtit en femme la côte qu'il avait prise de l'homme, et il la présenta à l'homme. Et l'homme dit : « Celle-ci, pour le coup, est un os d'entre mes os et une chair de ma chair; celle-ci sera appelée issa, parce qu'elle est prise de is. Aussi l'homme abandonnera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, et ils seront une même chair. » Et tous deux étaient nus, l'homme et sa femme, et ils ne rougissaient pas.
On sait la suite : comment le serpent, le plus
1. Tardéma, sommeil mystérieux, durant lequel on est en rapport avec Dieu.
[850 av. 1 . C.j L ES D E l X K 0 Y A G M E S . Xï'j
rusé des animaux, induit la femme, puis l'homme, à enfreindre la prescription de Iahvé relativement à l'arbre dont le fruit ferait d'eux des élohim; comment, leurs yeux venant à s'ouvrir, ils rougissent et se font des ceintures de feuilles de figuier; comment Iahvé, se promenant dans le jardin à la fraîcheur du jour, les confond. A la suite de celte forfaiture, le serpent est condamné à marcher sur son ventre et à manger de la terre; la haine est scellée entre lui et le genre humain. La femme est condamnée à enfanter dans la douleur; l'homme est condamné au travail et à la mort. S'il réussissait encore à manger du fruit de l'Arbre de vie, ce fruit lui rendrait l'immortalité. Pour prévenir ce second attentat, Iahvé chasse l'homme du jardin d'Éden et place à l'entrée du jardin les Keroubim { et l'épée de feu tournant -, pour que personne ne puisse plus prendre le sentier qui mène à l'Arbre de vie.
L'histoire humaine commence alors. L'homme appelle sa femme d'un nom araméen, Havva ce la donneuse de vie ». Iahvé lui-même, ce costumier à la Michel Ange, leur fait des tuniques de peau et les en revêt. Leur union donne naissance à Qaïn,
1. Monstres conçus sur le modèle des taureaux, gardiens des portes de palais (voir au Louvre).