Isaïe, xxin, 11. Voir cependant, Amos, II
[723 av. J.-C.] LES DEUX ROYAUMES. 525
louL l'aristocratie. Quelle insulte à Iahvé! Cette ville distribue les couronnes d, comme si un tel privilège n'appartenait pas à Iahvé. Aussi est-ce Iahvé qui a décrété sa ruine. Il Fa décrétée, pour ternir l'orgueil de toute beauté, pour humilier les grands de la terre 2. Iahvé est un jaloux ; il prend un méchant plaisir à humilier l'éclat humain. Nahum, cent ans plus tard, présente aussi le commerce comme une œuvre idolâtrique et païenne 3. L'idéal triste des prophètes, analogue à celui des puritains d'Ecosse, leur inspirait une rage sombre contre la brillante civilisation des villes phéniciennes. Ils en voulaient à la vie joyeuse qu'on y menait 4. Ils rêvaient des conversions impossibles.
Selon Isaïe, Tyr sera désolée pendant soixantedix ans; puis elle recommencera son métier de courtisane; mais ses profits nouveaux seront consacrés à Iahvé; les serviteurs de Iahvé (les prêtres
1. Verset 8. Je préférerais rnt3 3?En, « la couronnée », allusion à la tête crénelée, ou à la couronne murale de Tyr, symbole qui a pu être fort antérieur aux monnaies qui le portent. Cf. Ps. lx, 9; cvm, 9. L'idée de se représenter les villes comme des jeunes filles est fort ancienne. Là est peut-être l'explication des expressions Bath-Sor, Bath-Sion.
% Verset 9.