‹ Histoire du peuple d'Israël (volume 4)Chapitre 51 sur 334 · Voy. ci-dessus, p · texte numérisé non relu

Voy. ci-dessus, p

80 HISTOIRE DU PEUPLE D'ISRAËL. [1000 av. J.-C]

qui lui avait été faite, vint dénoncer son maître, faisant remarquer à David que Meribaal n'était pas sorti de Jérusalem avec les fidèles, sans doute parce qu'il espérait rentrer en possession de la royauté de son père. David crut, un peu précipitamment, à ces insinuations, et donna en toute propriété à Siba les biens de Meribaal.

Absalom entrait dans Jérusalem, comme David contournait les derniers sommets du mont des Oliviers. Ahitofel l'accompagnait, et était en quelque sorte son ministre dirigeant. Le premier conseil qu'il donna au pauvre égaré fut de violer les concubines que son père avait laissées pour garder le palais. La prise de possession du harem du souverain vaincu était la marque qu'on succédait à son pouvoir. On dressa donc une tente pour Absalom sur la plateforme1, et le jeune fou « coucha avec les concubines de son père, à la face de tout Israël ». Ahitofel, en conseillant cet acte odieux, établissait une haine à mort entre le père et le fils, et fermait la porte à une réconciliation dont il eût payé les frais. Son second conseil — et celui-ci était assez politique, — fut de poursuivre David sans délai. Housaï était présent au conseil; il avertit

i. Cf. II Sara., xii, 8.

[1000 av. J.-C] LER 0 Y A l M E U S I Q U E. 81

Sadok et Abiathar de l'avis qui venait de prévaloir1. Jonathan et Ahimaas étaient postés près de la fontaine dite En-Rogel*. Une servante alla les informer, et ils coururent apprendre l'état des choses à David. Celui-ci passa le Jourdain au plus vite avec toute sa troupe, et gagna Mahanaïm.

Absalom avait pris pour sar-saba son oncle, Amasa fils d'Abigaïl. Il passa le Jourdain, peu après David. Le théâtre delà guerre fut ainsi le pays de Galaad. David, à Mahanaïm, était entouré de marques d'attention et de respect. Des provisions et même des délicatesses lui venaient de Lodebar, de Roglim etdeRabbath-Ammon. Un certain Barzillaï le Galaadite surtout, homme très vieux et très sage, se fit remarquer par son empressement. Les petits jeunes prêtres, Ahimaas et Jonathan, allaient et venaient, espionnant, portant les nouvelles3. Les prêtres s'abstenaient de verser le sang; mais ils avaient d'autres moyens de se rendre utiles.

David retrouva, dans ces circonstances difficiles, toute son habileté stratégique. Il divisa sa troupe en corps de mille et en corps de cent hommes, donna le commandement d'un tiers à Joab, d'un

1. II Sam., wii. Le récit est légèrement contradictoire. . w2. Aujourd'hui Bir Eyoub ou « Puits de Néhémie ». 3. II Sam., xvin, 17.

il, 6

m HISTOIRE 1)1 PEUPLE DMSRAËL. £1000 av. J.-aj

autre tiers à Abisaï, d'un autre tiers à Ittaï le Galtite. Il voulut aller à la bataille; on l'en empêcha. Il resta à la porte de la ville, avec des réserves qui devaient donner en cas de danger. Il recommanda, dit-on, de tout faire pour sauver la vie d'Absalom.

Le combat se livra dans ce qu'on appelait laar Ephraïm, « la forêt d'Ephraïm », vaste espace boisé situé au nord-ouest de Mahanaïm. La victoire des généraux de David fut complète. La forêt fut fatale aux fuyards; les rebelles s'embrouillèrent dans les massifs et furent massacrés. Absalom voulut s'engager avec sa mule dans un fourré de chênes; il se prit dans les branches; la mule s'échappa ; il fut tué.

On jeta son corps dans un trou, et on accumula dessus un grand tas de pierres. Un autre monument à la porte de Jérusalem, dans la vallée du Cédron, porta longtemps le nom d'Absalom. Plusieurs années avant sa révolte, comme il n'avait pas d'enfant, il voulut avoir un cippepour perpétuer son nom, près de la ville où il avait vécu*, et il se fit de son vivant un iud, qui exista longtemps après sa mort-.

Page 1